28.05.2010

Ils ne risquent as de vous guérir

Chez de nombreux groupes relativement mainstream, la reprise peut être un symbole de deux choses : l'arrivée au stade de groupe qui compte, suffisamment bankable pour qu'on lui demande d'apparaître au milieu de ses pairs sur un tribute, et celle au stade de groupe qui n'a plus rien à dire, tout juste capable de pondre 10 titres médiocres (ou pires) pour son nouvel album mais réduit aux remixes et aux reprises pour les faces B de singles. Placebo a maintenant allègrement dépassé ces deux stades...

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Quoi ? Placebo ? En ce lieu ? Bah oui, relisez le titre de ce blog... Et puis je l'ai achetée cette compil de reprises, vu qu'elle était proposée à un prix modique et que je n'ai jamais cautionné la politique du label de ressortir les albums du groupe avec des « bonus » (dans le cas présent en deuxième disque de Sleeping with ghosts) ou en sortie uniquement digitale (en 2007), alors j'ai le droit d'en dire du mal. Un achat sans doute motivé par une nostalgie de cette lointaine époque où Placebo était encore un groupe marginalement excitant.

 

Et on a là un magnifique exemple de la déchéance d'un combo, qui ne fut, il faut bien le reconnaître, jamais plus qu'anecdotique. 'Bigmouth Strikes Again' ou 'Johnny and Mary', enregistrés quand il était encore crédible et pas encore source de moquerie, sont ainsi des reprises solides mais sans surprise, où sont juste rajoutés à l'original la voix chevrotante du Molko (le Julien Clerc de l'indie music) et quelques guitares un peu anguleuses (pas trop non plus, hein, il y a des gamins de 12 ans qui écoutent). Mais c'est après que ça se gâte, quand Placebo se met à abuser de la reprise « décalée » pour meubler ses singles, le problème étant justement que le côté décalé tient tout au plus au choix de la chanson.

 

Là où certains tentent de détruire et de reconstruire, Brian et sa bande se contentent d'une interprétation pépère et fidèle, agrémentée des différents gimmicks du groupe. Le pire est atteint sur un 'Daddy Cool' où l'on semble rendre hommage à Boney M quand une telle merde aurait mérité d'être totalement massacrée et réinventée. Mais on dira facilement la même chose pour 'Jackie' ou 'I Feel You', le tout échappant de peu au titre de pires reprises de l'univers uniquement parce que Razorlight en a commis quelques-unes de franchement infâmes (n'est-ce pas les Cure ?).

 

D'un autre côté, il faut relativiser un peu. Placebo était encore jeune quand il se permit de massacrer le 'Where is my mind' des Pixies alors qu'il était encore capable de produire un 'Running up that hill' de Kate Bush tout à fait honorable (et en tout cas valant largement l'autrement plus côté 'Hounds of Love' des Futureheads) en 2003. Et finalement, si Covers montre quelque chose, c'est peut-être que Placebo n'a jamais été plus qu'un petit groupe mineur sans trop d'imagination dont la déchéance fut bien rapide...

 

Label : EMI

Année de sortie : 2010

Nombre de morceaux : 10

Durée : 40:45

 

Morceau préféré : 'Bigmouth Strikes Again'

Bilan : BOF

08.01.2010

Un bilan londonien : album3 - envy & other sins

Laissez-moi vous conter une histoire personnelle (ben oui, l'avantage d'un blog c'est qu'on n'est pas obligé de faire des chroniques musicales sérieuses - qui a dit que j'étais incapable de faire une chronique musicale sérieuse de toute façon ?). Celle que j'ai avec le groupe Envy & Other Sins, groupe dont il m'aura fallu 18 mois et un voyage à Londres pour me procurer l'unique album We Leave At Dawn.

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Mais plongeons-nous dans le passé. Il y a 5 ou 6 ans, je reçois un mail intitulé Envy & Other Sins que je m'empresse de déplacer dans le dossier Spam. Au bout de quelques semaines et de quelques mails similaires, je me décide à regarder de quoi il s'agit (la chair est faible). Stupéfaction, il s'agit d'un nouveau groupe (je découvris quelque temps plus tard qu'un des membres faisait partie des New Electrics dont j'étais sur la mailing liste) ! Et plutôt bon en plus ! Une paire d'année passe et le single 'Prodigal Son' sort, sans succès vu que le label Loog records se sépare du groupe immédiatement après...

 

Ce fut donc une suprise de découvrir le groupe au milieu de groupes de gamins prépubères de Orange unsignedAct, radio-crochet pour pseudo-groupes indés. Encore plus suprennant de les voir gagner après avoir été éliminé puis repêché... Malheureusement, ce fut une victoire à la Pyrrhus, vu que le groupe fut immédiatement considéré comme honteux par le public indé et que le contrat se révéla bien moins intéressant que prévu (lire l'interview sur DiS) au point que le groupe se sépara en juillet 2009...

 

Musicalement, We Leave At Dawn navigue entre britpop et psych-pop. Rien de nouveau mais plein de morceaux plutôt fun et accrocheurs, comme tant de groupes anglais nous en abreuvent chaque année. Mais il y a ici une légèreté, une joie de vivre, un côté un peu délirant qui élève le groupe au-dessus de la masse. Alors certes, il manque les tubes incontournables ('Prodigal Son' absent sans doute pour des raisons de droit) mais cela donne un album qui se déguste fort agréablement.

 

Label : Polydor

Année de sortie : 2009

Nombre de morceaux : 10

Durée : 41:58

 

Morceau préféré : 'Higness'

Bilan : BON

07.01.2010

Un bilan londonien : album2 - johnny foreigner

Il y a des disques qu'on aimerait adorer. Parce que le groupe a l'air vraiment sympa. Qu'il accorde de l'importance à tout l'emballage autour de lui. Qu'il est capable de fulgurance. Mais malheureusement le résultat final n'est pas à la hauteur...

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Tel était le cas de Waited up til it was light,  premier album de Johnny Foreigner, disque encore plus anecdotique que fun au point de rendre difficile à croire la passion que le groupe provoque chez ses fans. Mais l'écoute d'un 'Feels Like Summer' très enlevé m'avait donné envie d'en savoir plus sur ce nouvel opus et le voyage à Londres vu l'occasion d'investir sur 'Grace and the bigger picture', paru quelques mois après son prédécesseur, ce qui laissait espérer que celui-ci ne fut que l'esquisse à un chef-d'oeuvre. Hélas, nous avons encore droit qu'à un brouillon...

 

Que de mélodies à peine esquissées ! Que de passages de guitares lourds et inutiles ! Que de voix semblant s'invectiver plus que se répondre ! Que de chansons sacrifiées sur le grand autel du dieu Hundéatoupri ! Alors certes, comme la première fois, il y a quelques fort bons morceaux, à la fois excités et entraînants. Mais sur les 15 titres de l'album (c'est trop les gars/la fille, beaucoup trop !), combien échouent à atteindre l'improbable mix entre Pavement, Talulah Gosh et Fugazi ? La plus grande partie...

 

Johnny Foreigner manque donc encore une fois la cible et reste dans la catégorie des groupes gentiment foutraques qu'on verrait bien sur scène mais dont les CDs prennent la poussière sur une étagère. Et malgré des qualités certaines, il n'est pas dit que l'on pense encore longtemps : "la prochaine fois sera la bonne"...

 

Label : Best Before

Année de sortie : 2009

Nombre de morceaux : 15

Durée : 41:47

 

Morceau préféré : 'Feels Like Summer'

Bilan : SYMPA

06.01.2010

Un bilan londonien : album1 - Brontosaurus Chorus

Vous êtes en droit de vous indigner sur le fait que j'ai rajouté au dernier moment Brontosaurus Chorus dans la finale du morceau de l'année. Oui mais voilà, si je suis le groupe depuis de longs mois (voir septembre 07 ou avril 09), je n'avais pas réussi à me procurer le mini-album You've Created a Monster à sa sortie (il faut dire que je suis un double-con : 1. je ne télécharge pas, légalement ou non, 2. je ne commande plus sur internet) et donc j'avais fini par oublier ce titre (quand je dis que les MP3s dorment sur mon disque dur...) que le groupe avait pourtant offert... Heureusement un voyage à Londres a réparé cette regrettable erreur.

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Pour ceux qui n'auraient pas regardé la vidéo de 'Love Is The Path To Self-Destruction' dans le billet juste en-dessous (mais vous attendez quoi ?), Brontosaurus c'est un peu comme si les Los Campesinos! s'étaient rendu compte après avoir enregistré 'You! Me! Dancing!' (qui fut le titre qui les fit connaître sur le net puis signer) qu'ils étaient beaucoup trop sérieux et donc qu'il fallait rajouter une bonne rasade de trompette, d'accordéon, de décibels à fond à fond à fond et de rythmes crétins. Une sorte de super fanfare twee en quelque sorte. Pour ceux qui ne connaitraient pas Los Campesinos!, ça marche aussi en remplaçant par Belle & Sebastian ou n'importe quel groupe du catalogue Sarah records. Si ça ne vous parle toujours pas, je ne peux rien faire pour vous, retournez écouter RTL2.

 

Inutile de chercher de la finesse dans les sept titres constituant ce mini-album, il n'y en a pas : mélodies sympas, arrangements bien bourratifs (allez hop un peu de violon ou de trompette au max), textes rigolos... Mais du plaisir, ça, il y en a ! Pour les huit musiciens et pour tout auditeur qui ne sera pas rebuté par le côté fanfare. Il est bon de temps en temps d'écouter un disque qui ne se prend pas au sérieux et vous fait bouger les bras et les jambes stupidement. C'est ça pour moi Brontosaurus Chorus. Ca ne marche sans doute pas pour tout le monde, mais pour ceux chez qui ça marche, quel pied !

 

Label : Pop-Art

Année de sortie : 2009

Nombre de morceaux : 7

Durée : 46:10

 

Morceau préféré : 'Love Is The Path To Self-Destruction' (mais tous les titres sont top...)

Bilan : EXCELLENT (oui, TOP DU TOP ça serait sans doute abuser un peu...)

16.12.2009

Première impression

Ce n'est pas mon genre de parler d'un album après seulement une paire de passages sur la platine. Oui mais ça n'arrive jamais de passer chez un disquaire et de tomber sur le nouvel album d'un de mes groupes favoris de la décennie alors que je ne savais même pas qu'il était sorti (quelle belle surprise de Noël !) ce qui prouve qu'au niveau communication, Savoy Grand pourrait grandement s'améliorer...

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Musicalement par contre, cela risque d'être difficile tant le groupe a progressivement amené son art à la perfection album après album. Si vous aimez les trucs pop et joyeux, cessez de lire ce billet, car voilà un groupe qui fait passer Low pour un orchestre de joyeux drilles tziganes. Une musique lente, souvent réduite à sa plus simple expression. Une voix douce et sombre, plus placée que chantée. Du slowcore dans son expression la plus pure, la plus crépusculaire.

 

Encore que crépusculaire, ce 'Accident book' l'est nettement moins que le 'People and what they want' d'il y a quatre ans, qui allait très loin dans le dénuement le plus sombre. Des notes de piano, de clarinette ou de violon apportent quelques notes de couleur à l'habituelle rythmique minimaliste et à la guitare décharnée. Et dans le froid du moment et la nuit tombante, cet album est comme une bougie réconfortante...

 

Et si c'était le 16 décembre que je suis tombé sur mon album de l'année ? On en reparlera quand il aura squatté longuement la platine...

29.11.2009

Question pour un...

Julien Pampers : cette fois-ci, nous cherchons un disque. Un indice va apparaître sur l'écran pour les téléspectateurs...

 

 

Noble autrichien

 

 

Julien Pampers : A vous de choisir Raymond.

Raymond : Je laisse la main.

Julien Pampers : Et c'est parti... Album paru en 2004, je suis considéré comme un des albums majeurs de la scène parfois appelée 'Nouveau Rock'...

Gérard : Is this it ?

Julien Pampers : Bien essayé, mais ce n'est pas Is this it. La main passe. Top chrono... Très souvent décrié pour ma trop grande similarité avec un groupe du tout début des 80's...

Raymond : Turn On The Bright Lights ?

Julien Pampers : Ah non Raymond. Et la main revient à Gérard... je porte le même nom que le groupe écossais qui m'interprète...

Gérard : Black Rebel Motorcycle Club ?

Julien Pampers : Ecossais Gérard, écossais. Et la main repasse... Très vite un énorme succès au Royaume-Uni puis dans le reste du monde, Pitchfork vient de me classer 101ème album des 00's et le NME a placé en 30ème position des meilleurs chansons de la décennie le tube 'Take Me Out', je suis...

Raymond : Franz Ferdinand ?

Julien Pampers : Et vous êtes... bidon !

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Comment un groupe comme Franz Ferdinand a-t-il pu être intégré à un courant entièrement marketé pour les jeunes générations par une presse anglo-saxonne alors tellement moribonde (remember The Vines ?) que sa dernière chance de survie était de créer de toute pièce une nouvelle scène ? The Strokes, je veux bien comprendre, ça marche toujours les beaux gosses pour minettes en chaleur, et puis il n'y a pas de raison que les Américains n'ait pas eu leur BB Brunes. The Libertines pour le côté sulfureux, avec tous les clichés rock'n'roll genre drogue et filles. Interpol pour le côté corbeau (propre sur lui quand même le corbeau, on s'adresse à une jeunesse friquée, hein). Mais Franz Ferdinand ? Les mecs avaient déjà presque l'âge d'être les parents de leurs fans au moment de la sortie du disque, fans qu'ils auraient d'ailleurs très bien pu avoir avec des groupies trouvées après des concerts minables de leurs anciens combos dont il vaut mieux éviter de se souvenir. Franchement, Franz Ferdinand dans le Nouveau Rock c'est un peu comme si les Sex Pistols avaient été des plus-que-trentenaires cherchant à faire avaler en loucedé du Fleetwood Mac aux jeunes en 1977, soit quelque chose de totalement improbable.

 

Ceci dit, dès le premier refrain du premier morceau 'Jacqueline', le groupe annonçait la couleur : "That's why we only work when we need the money". Ces bons vieux filous, fins connaisseurs des rouages de l'industrie musicale après tant d'années dans le circuit, ont établi le plan parfait pour toucher la martingale, plan qu'ils ont depuis revendu à The Horrors (ces derniers, un peu bêtes, ne se sont cependant décidés à le suivre jusqu'au bout que pour leur deuxième album) et dont voici en exclusivité les principales lignes.

 

1. Crée un buzz arty autour du groupe sans faire entendre sa musique : c'est la partie la plus simple. Il y a forcément dans votre ville des jeunes gens insatisfaits par les soirées existantes et il va vous falloir créer quelque chose pour eux. Un lieu décalé (une usine désaffectée ou un truc comme ça fera l'affaire, en plus il n'y a rien à payer). Une programmation musicale différente et "pointue". Quelques concerts de groupes bien choisis, locaux (pour attirer leurs potes) et plus exotiques mais branchés... Si la sauce prend, votre petite soirée se fera vite une réputation et un bon gros buzz. Il n'y a plus qu'à mettre votre groupe au centre de cette scène émergente.

 

2. Creer un look et un design cohérents donc facilement marketables pour le groupe : oui, c'est le b-a-ba de toute politique commerciale et en particulier musicale mais il est indispensable de créer une identité visuelle forte et originale pour continuer à faire parler de vous. Un look qui tient la route tout en vous démarquant des groupes du moment (il suffit de comparer les looks des Strokes, Franz Ferdinand ou autres Hives avec ceux des groupes de la scène indé anglaise du début des 00's pour comprendre). Un logo et des pochettes qui se remarquent immédiatement. Et cerise sur le gâteau, des vidéos parfaitement étudiées pour coller à l'image que le groupe veut donner de lui (à la fois arty et dansant dans le cas qui nous intéresse). La vidéo de 'Take Me Out' est sur ce point une grande réussite. Mais il est temps de parler de la musique de ces faux jeunes gens même si cela reste une partie mineure du succès à venir...

 

3. Copier un groupe culte mais oublié du public : il serait d'ailleurs plus juste de parler de la musique jouée par ces jeunes gens plutôt que de la musique de ces jeunes gens tant l'influence principale de ce premier disque est évidente. Mais le coup est fort bien joué, le groupe-source n'étant plus connu que de quelques initiés même si ses relatifs succès peuvent encore flotter dans l'inconscient du public (britannique hein, parce que chez nous...) et des membres de la presse ravis de voir un jeune combo s'inspirer d'une de ses références cultes que l'on place dans un article pour étaler sa culture. Membres de la presse d'ailleurs pas dupes puisqu'ils s'empressent de baptiser le leader de Franz Ferdinand... Alex K ! On reconnaîtra au groupe, contrairement à d'autres de ses collègues moins scrupuleux du mouvement osant affirmer n'avoir jamais entendu les groupes qu'ils copiaient, le courage d'avoir reconnu l'existence de son modèle, dont Domino, sans doute reconnaissant des 3.6 millions d'exemplaires de FF vendus, sortira même une énième compilation. 

 

4. En faire quelque chose de suffisamment lisse et dansant : parce que le look arty et une musique post-punk bien sinistre, malgré une bonne hype, ça vous emmène directement au rayon bide, retour au circuit des toilettes et aux petits boulots alimentaires sans passer par la case 20 000 £. Alors une rythmique un poil plus accélérée et mise en avant, un grand lessivage de toutes les taches et aspérités (parce que c'était pas des rigolos les mecs en Angleterre vers 78-82, faut dire qu'il n'y avait pas beaucoup de raison de s'éclater, à part peut-être la cervelle...), des paroles bien légères (essentiellement sur les relations amoureuses) dignes d'un ado de 15 ans et PAF, c'est bon pour toutes les soirées indé des 15 prochaines années. Franz Ferdinand lave plus blanc que blanc votre art-rock bien crado et en fait un produit idéal pour faire danser votre fille de 18 mois (véridique...).

 

Bon alors, presque six ans plus tard, qu'est ce qu'il vaut ce disque ? D'abord il souffre de la même affreuse compression qui flingue une bonne partie des "gros" disques de la décennie : pas de nuance ni de répit, le son est du début à la fin écrasé au maximum du niveau sonore. Sur un ou deux titres en radio, ça pète fort mais écouter l'album entier deux ou trois fois d'affilée tient de l'impossible sur une sono correcte. Aucune subtilité, aucune ligne "cachée" qui se revèle au fil des écoutes... à fond à fond à fond... jusqu'aux graviers de la touche STOP. La production, assez représentative d'une époque, commence d'ailleurs à faire un peu trop marquée, prémice à devenir très vite datée. Et les chansons ? Elles sont correctes. Il serait de mauvaise foi de ne pas reconnaître que 'Michael', 'This Fire' ou 'Take Me Out', entre autres, claquent comme au plus beau jour et vous porteraient facilement sur la piste, même à l'âge d'Alex K...

 

C'est du bon travail de pro. Direct. Efficace. Creux. Vide. Chiant à la longue tellement ça sent la formule à tubes faciles et aptes à satisfaire le plus grand nombre. Ce n'est pas un défaut quand les titres sont bons ? Certes non ! Mais le problème reste que s'il n'y a pas un contenu un plus profond derrière, cela se démode vite pour autre chose et l'on retiendra au final des musiques autrement plus intéressantes de la même période. Les critiques tombées sur les deux albums suivants, ni meilleurs ni franchement moins bons, semblent d'ailleurs confirmer à quel point Franz Ferdinand (comme la plupart de ces collègues de "scène") n'était que le groupe d'un instant, au même titre que tous les autres genres de tubes commerciaux pour radios FM.

 

30 ans après, les références de Franz Ferdinand continuent de se voir rééditer ou compiler très régulièrement. Je doute fort qu'il en soit de même pour Franz Ferdinand en 2034...

 

 

 

Ce billet entre dans le cadre du Top of the Flops of the Pops of the Blogs of the 2000's dont les règles se trouvent ici et les participations .

12.11.2009

Lumineux ?

Comme il y a des clubs de première division, d'autres de deuxième division et des clubs amateurs, il en va de même pour les groupes de rock. Et ce ne sont pas forcément les professionnels qui pratiquent le meilleur jeu...

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Light Syndicate n'a pas soulevé l'enthousiasme débordant de la presse, des webzines et des blogs quand est sorti 'Last in Line' en janvier dernier (pourtant pas une période spécialement riche en sorties) et le groupe ne semble pour l'instant pas destiné à sortir de son Manchester pour aller connaître la gloire mais c'est sans aucun doute bien dommage tant il peut être supérieur à la plupart des groupes occupant pour quelques semaines (voire minutes tant cela change vite) les pages des magazines, en particulier anglo-saxons.

 

Tiens par exemple, qu'est-ce que Light Syndicate a de moins que the Twilight Sad ? Des murs de guitares soudains et violents ? Non, 'Friday Night On Peter St.' fait ça très bien, et il est loin d'être le seul. Une capacité à dissimuler sournoisement ses mélodies qui s'imprègnent à votre insu dans vos neurones puis ne vous lâchent plus ? Non plus, les trois quarts des morceaux fonctionnent de cette façon. Un chant original qui se démarque de la production courante ? Eh bien non encore ! Chris Briden a un timbre bien à lui et fait preuve d'une énergie féroce, ce qui aurait d'ailleurs tendance à rendre l'écoute difficile si on n'arrive pas à s'y habituer. Et il y a même de temps en temps une jolie voix fémine et de beaux passages de violons.

 

Non, Light Syndicate n'a pas de leçon à recevoir de la plupart des groupes actuels et son rock épique qui louche à la fois vers Radiohead et Mogwai mériterait certainement d'être beaucoup plus connu. Et s'il fallait reprocher quelque chose à ce fort bon disque, ce serait la présence de quelques morceaux plus lents qui, s'ils proposent un peu de répit, sont parfois d'une qualité discutable, comme ce 'Sorry' qui casse l'élan de l'album en plein milieu. Une erreur de jeunesse pour un groupe dont on espère avoir vite des nouvelles.

 

Label : Pushbike Records

Année de sortie : 2009

Nombre de morceaux : 10

Durée : 46:10

 

Morceau préféré : 'Highrise Buildings'

Bilan : BON

 

10.10.2009

Plus d'action que de beat ?

Il est grand temps de s'opposer à une rumeur tenace : non, je n'écoute pas que du post-rock dépressif ! J'écoute aussi du folk dépressif (mais pas que, découvrez l'excellent premier album des Dry Spells), du slowcore dépressif, de l'indie rock dépressif et parfois même des trucs un peu noisy du genre post-hardcore.

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Et huit mois après sa sortie, il était largement temps que je parle de The Noise Band from Bletchley, premier album des Action Beat, groupe qui se bat avec Dananananaykroyd pour savoir qui aura la plus grosse... quantité de batteurs. Et c'est Action Beat qui gagne, avec trois (et même parfois quatre sur scène semble-t-il), comme quoi ils n'ont pas usurpé leur nom. D'ailleurs, vous voyez bien dans le nom de l'album qu'il ne s'agit pas de post-rock. Le groupe aurait sans doute mal au ventre (et plus bas) s'il était rangé dans le même rayon que des fiottes comme Mogwai ou Sigur Ros.

 

Car s'il s'agit ici de musique instrumentale, ce n'est définitivement pas de post-rock, dans aucun de ses sous-genres, qu'il s'agit mais d'un mélange de no-wave, de post-hardcore voir d'indie rock ricain (façon Sonic Youth) mais (presque) sans paroles. Après tout, pourquoi s'embarrasser de texte quand la musique parle pour vous. Les batteries tapent comme des dingues, les guitares s'enflamment et déchirent toute tentative de mélodie, parfois des cuivres viennent accentuer la folie de l'ensemble... Action Beat, cest une sorte de déferlante sonore à la fois familière et totalement inattendue. Un disque à s'écouter de temps en temps, le volume à fond. Un concentré de sueur (voir la pochette) et d'énergie comme peu de groupes l'osent de nos jours, où la musique indé semble de plus en plus calibré. Un album hargneux, sale et violent, comme on aimerait en voir plus souvent.

 

Label : Truth Cult

Année de sortie : 2009

Nombre de morceaux : 12

Durée : 42:07

 

Morceau préféré : 'Manic face'

Bilan : BON ah et puis merde... EXCELLENT

 

PS : le groupe est de retour pour quelques dates en France. Après la release party du nouvel album de Turzi à l'Elysée Montmartre le 29 octobre, ils seront à Nantes le 30 pour le Soy festival, le 31 au Ground zero à Lyon, le 10 novembre au Pavillon Sauvage à Toulouse et le 11 au St Ex à Bordeaux. Ca va faire un max de bruit...

24.05.2009

A l'arret

Si on n'a jamais vraiment pu parler de supergroupe au sujet de Brakes (soyons sérieux, aucun des membres n'est dans un groupe ayant une réelle renommée), peut-on même encore parler de side-project ? En effet, pendant les 4 ans qui ont vu la sortie de trois albums du groupe, Eamon Hamilton a quitté British Sea Power (qui sont nettement plus productifs depuis son départ...), les frangins White ont eu bien du mal à trouver un label pour le troisième album de Electric Soft Parade et seraient juste en train d'envisager le quatrième (Thomas a même sorti discrètement un album solo) et Marc Beatty a vu the Tenderfoot se mettre en quasi-hibernation depuis la sortie de leur album. Alors, le passage chez Fat Cat a-t-il fait du bien à notre all-loser-squad des nuits indés de Brighton ?

 

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Pas vraiment, serais-je immédiatement tenté de dire... Là où Give Blood ressemblait plus à un bon délire entre potes agrémenté de morceaux courts, crétins mais indéniablement accrocheurs qu'à un album sérieux, où The Beatific Visions proposait un disque très imparfait mais agréablement personnel, ce troisième album n'est qu'une suite de morceaux indie-rock d'influence plutôt américaine qui appuie sur tous les bons boutons sans réussir à en sortir quelque chose.

 

Pas un mauvais disque, non, mais un disque qui emmène ses différentes influences (Pixies, Weezer, Buzzcocks...) nulle-part. Qui ne semble pas les avoir digérées mais les appliquer de façon pas toujours très adroite en un ensemble pas franchement cohérent. Et de penser immédiatement que Fat Cat nous a habitué à des choses plus ambitieuses que cela. Les guitares restent bien trop sages, les mélodies fort discrètes et immédiatement oubliées... rien susceptible de me donner envie d'y revenir. Et comme le chant est plus geignard que jamais...

 

Après deux opus mineurs, dispensables mais pas dénués d'un certain charme, Brakes nous propose une sorte de mode d'emploi de l'indie rock. Dommage qu'il n'y ait ni sauce pour lier le tout, ni épices pour relever le goût. Un disque pour rien.

 

Label : Fat Cat

Année de sortie : 2009

Nombre de morceaux : 12

Durée : 36:16

 


Morceau préféré : 'Hey Hey'

Bilan : BOF

 

PS : -Twist- a fait un billet nettement plus positif sur dans le mur...du son !

09.05.2009

Des lumières ?

 

J'ai longtemps hésité à faire un billet sur  A Distant Voice, le premier album de Fuzzy Light.

Puis j'ai hésité pour savoir si je le publiais ici ou sur dans le mur... du son !.

Puis je me demandais si je devais lui mettre BON ou... BOF !

 

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Vous allez me dire, cela fait un sacré écart. En effet, mais quatre fois sur cinq, écouter cet album ne me touche pas : du post-rock classique (même si on y retrouve aussi quelques influences folk ou psych-folk), solide, efficace, qui appuie sur tous les bons boutons mais entendu des tonnes de fois.

 

Oui mais voilà, la fois où il me touche, il me touche vraiment et je suis bien en peine d'expliquer pourquoi ! Peut-être la variété des ambiances et l'alternance de morceaux instrumentaux et chantés : 'Colour of the Sun' n'est pas sans rappeler des Tindersticks soudain désireux de faire du bruit, 'Safe Place' n'est pas sans évoquer la scène slowcore (le violon vraiment menaçant parfois à la limite du désagréable en plus) au début pour finir dans une violence inouïe, 'Blackout II' est un titre que Godspeed You! Black Emperor aurait sans doute aimé écrire alors que 'Bells Chiming in a Empty House' pourrait figurer sur les premiers album de Grails...

 

Cessons là cette fastidieuse liste, car le son de Fuzzy Lights leur est bien propre et les morceaux se succèdent avec une grande logique, mais encore faut-il être en état de recevoir cette musique tant elle est sombre, riche (les orchestrations sont très travaillées), capable de la plus grande douceur puis de moments de sauvagerie intense. Aujourd'hui, je le trouve excellent mais on va faire une moyenne, tant il y a des jours où il ne passe pas !

 

Label : Little Red Rabbit

Année de sortie : 2009

Nombre de morceaux : 9

Durée : 42:48

 


Morceau préféré : 'Safe Place'

Bilan : BON

 

Colour of the Sun - live at Cafe Oto, London :

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