29.10.2008
Beaucoup aimer...
Un groupe français dont la musique sert de fond sonore à une publicité de l'armée de terre ou qui accepte de jouer pour un défilé de mode devrait être immédiatement banni de ce blog. Avec en plus un titre comme beaucoup Schlager...

Dès le premier morceau 'Sexually Speaking', la "recette" Go Go Charlton est évidente : rythmique hypnotique et souvent assez frénétique, lignes de piano ou de synthé immédiatement mémorisables et quelques bons gros riffs de guitare, sur lequels se place un chant, tantôt froid et syncopé, tantôt chaud et charmeur suivant l'identité du chanteur. Les tubes potentiels se succèdent alors tel un 'Song for the here and the hereafter' que Morrissey ou Stuart Murdoch auraient sans doute aimé écrire pour améliorer leurs derniers disques, un 'The Wise's Daughter' et sa cavalcade fantastique ( et inoubliable ), déjà hautement appréciée en ces lieux à la sortie du EP, un 'Your son', ses guitares abrasives et son côté Sonic Youth qui chercherait à faire un tube New-Wave pour faire bouger les culs ( ce titre mérite tellement mieux que d'être un hymne à nos bidasses... ), un 'Young Hippie Chic Parisian Punks' et son côté Taxi Girl sous euphorisants...
D'apparence facile ( et seulement d'apparence, il n'y a sans doute rien de plus difficile que d'écrire un vrai morceau pop ), la musique de Go Go Charlton a tout pour satisfaire les dance clubs indie et renvoyer aux placards nombre de groupes anglais encensés par le NME et autres. Il reste cependant quelques maladresses qui empêchent ce disque d'atteindre l'excellence. Le chant manque parfois d'assurance et semble parfois maladroitement placé sur certains morceaux ( en particulier '4AM' ). On aimerait de plus entendre ce que les deux voix très différentes pourraient donner ensemble. Enfin, les morceaux les plus calmes se révèlent d'une qualité plus modeste, 'What if' en particulier ayant tout de la mauvaise ballade et 'Go-Between's Gig' souffrant de références par trop evidentes...
Un bon disque pop, plein de mélodies accrocheuses, attachant malgré quelques défauts et qui donne vraiment envie de voir ce que deviendra le groupe !
Label : Asphalt Duchess / MVS
Année de sortie : 2008
Nombre de morceaux : 11
Durée : 38:56
Morceau préféré : 'The Wise's Daughter'
Bilan : BON
Pour changer, la vidéo de 'The Wise's Daughter' au Nouveau Casino...
20:07 Publié dans album français, nouveaux groupes de merde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : go go charlton
07.09.2008
To infinity and beyond...
L'association du compositeur Francois-Elie Roulin ( artiste expérimental reconnu par Brian Eno et auteur de nombreux génériques et habillages publicitaires ) et de Joanna Swan, la très belle voix du assez fade duo Ilya était très excitante.
L'idée d'un concept album autour de la SF était à la fois alléchante et inquiétante.
Alors quel bilan pour ce Alien Robot Orchestra ?

Comment parler de cet album ?
Comment apprécier cet album ?
Attention, je ne sous-entends pas par cette deuxième question qu'il est impossible d'apprécier cet album au sens "porter un jugement personnel favorable/aimer" mais qu'il m'est bien difficile d'apprécier cet album dans le sens "estimer/déterminer la valeur objective" !
Evacuons donc de suite mon ressenti personnel : il y a sur cet album des morceaux que j'adore et d'autres que j'ai peine à supporter, pas en raison de leur nullité bien au contraire mais parce qu'ils ne correspondent en rien aux univers musicaux dans lesquels j'aime me plonger. C'est au point que moi qui n'utilise presque jamais les touches de changement de piste du lecteur CD ai plusieurs fois été tenté de faire disparaître certains passages. Et cela ramène à ma première question : comment parler de cet album quand son concept même nous le rend difficile d'écoute ?
"Europe, années 70 : des robots infiltrent le continent et la révélation est telle qu'ils en oublient leur mission ! Sous le charme des excès du moment, ils se laissent envoûter par cette flamboyante ère pop-rock", tel est le concept de l'album qui annonce un mélange de la folle chaleur des 70s et de la froide électronique des machines. Et en effet, quel patchwork assez jouissif de glam, pop estivale, soul, electro-pop, prog voire même d'ambient et de bien d'autres choses encore, parfois même dans un seul morceau. Ainsi 'Moving like a robot' qui sonne comme un générique Bondien qui aurait été composé par Air ou Daftpunk et chanté par une grande voix jazz voit-il surgir brusquement des guitares du début du métal...
Ainsi serait-il tentant de décrire cliniquement les morceaux les uns après les autres. Mais cela serait bien fastidieux pour le lecteur déjà arrivé à cet endroit du billet. Et inutile, puisque ce qui est important, c'est que Francois-Elie Roulin fait preuve d'une grande maîtrise de composition, jonglant avec brio entre les rythmes et les genres. Que le choix et la variété des instruments est d'une froide et parfaite logique tout en participant activement à la folie qui gagne progressivement un disque qui commence dans la douceur pour finir en feu d'artifice. Que la voix reste parfaite aussi bien dans le sussurement glacé que dans la soul la plus chaude et rythmée.
Puisqu'il faut bien conclure, affirmons donc que Alien Robot Orchestra est d'une grande qualité d'écriture, d'instrumentation et de chant mais qu'il est tout à fait possible de n'être sensible ni au concept de space opera musical, ni à l'immense variété de styles et de genres présents sur l'album. Chacun pourra cependant y trouver plusieurs morceaux qui l'enchanteront. Pour moi ce sera le magnifique 'Tripping the light fantastic', sorte de version rock dansante de groupe shoegaze comme Lush ou Slowdive...
15:14 Publié dans album français, nouveaux groupes de merde | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03.07.2008
Frustré, moi, jamais !
Alors que les 80s sont de retour, force est de constater que l'on a surtout le droit à des versions propres et aseptisés des grands groupes post-punk et dark wave. Ainsi Interpol ( et encore pire, Editors ) est il à Joy Division ( ou the Chameleons ) ce que le Canada Dry est pour le whisky : un vague ersatz au niveau du look plutôt agréable à consommer mais tout juste bon pour les fêtes des enfants... Ne prolongeons pas plus les comparaisons ( mais Franz Ferdinand serait du Champomy... ) et interessons nous à Relax premier album ( après plusieurs EPs ) des petits frenchy Frustration.

Il serait trop long et fastidieux de faire un bilan des influences qu'on peut entendre sur ce disque, Joy Division, Cure et Crispy Ambulance semblant les plus immédiates, à des sons de guitares des lignes de basses assez familières s'ajoutant des synthés aux petits oignons. De plus cela reviendrait à faire passer ce disque pour un hommage voire un plagiat, ce qu'il n'est absolument pas. Car s'il porte en lui un certain nombre de références, il est surtout beaucoup plus que cela : cohérent, audacieux, oppressant sans être sinistre, capable d'être dansant sans être racoleur.
Un très bon disque, qui serait proche de l'excellence sans une poignée de titres un peu en dessous et la petite impression persistante de déjà entendu.
09:30 Publié dans album français, vieux groupes de merde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


