08.04.2008

Oui j'ai péché ( mon album de janvier )

Oui je publie mon billet sur l'album de janvier seulement début Avril. Mais d'une part, je n'ai pas réussi à me procurer l'album tout de suite et d'autre part, je l'attendais tellement cet album ( 2 ou 3 billets en 2007 pour annoncer sa venue quand même ) que j'ai préféré prendre mon temps pour ne pas me laisser porter par l'enthousiasme ou la déception...

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Avec son titre ( a wretched sinner's song ), sa durée ( presque 68 minutes ) et sa séparation en deux actes, il serait facile d'accuser le nouvel album de Songdog de prétention. Ce serait oublier que le chanteur et créateur du groupe Lyndon Morgans a écrit des pièces de théâtre avant de se lancer dans la musique et que contrairement à nombre de ses contemporains, il aborde la musique avec une certaine ambition ( il aimerait un jour que sa musique approche la qualité de celle de Joni Mitchell, Leonard Cohen ou Tom Waits ), ce qui est finalement fort louable.

Le premier acte Love Lust débute avec le magnifique 'Ruben's Tattoo' et va bien entendu nous parler d'amour, que ce soit à travers des petites histoires fantastiques ( 'owls', 'The devil needs you for his squeeze' ) ou tirées de la vie de tous les jours ( 'Crown of thorns', 'A prayer to old idols' ). L'homme cède au diable, quand il n'en est pas un. L'amour semble voué à la damnation. Musicalement, le groupe a bien évolué depuis le mélange de alt-country et de twee-pop des débuts. Dépouillée ( essentiellement guitare, piano ) mais néanmoins complexe, rehaussée juste au bon moment par des notes de violon, banjo, mandoline..., mélancolique et sombre sans excès, elle nous fait parfaitement entrer dans l'univers des textes.

Le deuxième acte Love Lost parle, et c'est la suite logique, d'amours terminés ( 'a wretched sinner's song' ) ou sans issue ( 'She lets me in by the back door' ) avec leur cortège d'échecs, de regrets, de sentiments glauques... Aucun désir d'apitoyer le badaud là-dedans, non, plutôt le désir, comme chez Arab Strap en son temps ( mais sans humour par contre ) de nous montrer la vie dans son côté le plus ordinaire. Il y a toujours quelque chose de beau et touchant même dans les lignes les plus sinistres comme celles qui concluent l'album :

"It's only disappointment keeps me holed up in this room
But hell, I swam in disappointement inside my mother's womb,
Won't you drive me up the mountain and just let my wheelchair roll,
'Cos the time for miracles is past"

Et c'est sans doute grâce à la voix de Lyndon Morgans qui a su prendre de l'ampleur tout en restant fragile, qui sait se faire charmeuse, triste ou maniérée sans jamais aller trop loin.

Voici donc un disque magnifique, qui trouvera sans doute sa place très haut dans mon TOP de fin d'année 2008. Pourtant il a eu des critiques très mitigées, étant en particulier attaqué sur sa... durée ! Il n'y a pourtant rien à jeter dans cet album et les morceaux se succèdent avec une grande logique. Mais il semble qu'à l'époque où nombre de "consommateurs" et même donc de "critiques" utilisent à loisir la touche SKIP de leur lecteur MP3 et où la durée de vie d'un album et d'un artiste est très courte, faire un album aussi ambitieux était suicidaire. En tout cas pour moi on n'est vraiment pas loin du chef d'oeuvre.

On peut aller écouter sur Myspace...

Commentaires

Sur les premières écoutes je l'avais moi aussi trouvé un peu long, redondant, mais après on sent vraiment le tout, une vraie oeuvre.... Par contre c'est sûr que tout le monde n'a pas aimé, d'ailleurs il s'est pris un zéro chez Magic!

Ecrit par : erwan | 08.04.2008

Ah... Magic. Il avait mis zéro au "Short Album About Love" de Divine Comedy aussi... Faut le faire !

Ecrit par : coolbeans | 08.04.2008

Je n'ai pas lu Magic depuis au moins 5 ans...
Autant ca ne m'a jamais gêné de lire une mauvaise critique de choses que j'aiment, autant je ne peus accepter de ne pas savoir après une critique si le disque est suscpetible de m'intéresser ou pas...

Par contre, c'est sur que ce n'est pas forcément un album facile...

Ecrit par : lyle | 09.04.2008

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