10.03.2008
Quelques idées sur le téléchargement
Voici un billet que j'ai envie de faire depuis des mois mais que je ne faisais pas de peur de sembler moralisateur ou donneur de leçon ( les avis sont souvent très virulents sur ce sujet... )
Soyons bien clair, le but de ce billet n'est ni de condamner ni de juger les personnes qui téléchargent, après tout ce n'est pas vraiment illégal, juste de remettre un peu en perspective certains arguments usuellement utilisés par les téléchargeurs.
Je n'ai pas d'argent et je ne pourrais pas acheter d'albums, donc je ne fais de mal à personne en téléchargeant :
Imparable de logique, n'est-ce pas ? Evidemment, prétendre être trop fauché pour acheter des disques quand on a un ordinateur, une connection internet et souvent un lecteur MP3 est un peu paradoxal mais voilà quand même un argument massue.
Sauf que comment expliquer alors que les ventes de places de concerts ne font qu'augmenter quand celles de CD ne font que diminuer ? Rappelons aux téléchargeurs pauvres qu'à cause du téléchargement ( pas le leur à priori puisque que de toute façon ils n'ont pas d'agent :) ) :
- on donne des sous à Obispo et Zazie à chaque fois que j'achète un CDR ou un DVDR même pour y stocker légalement des documents
- le prix des concerts a pas mal augmenté en deux ans et c'est parti pour s'accentuer rapidement
- d'ici quelques années ( quelques mois ?) on donnera sans doute des sous aux ( grosses ) maisons de disques à chaque fois qu'on achètera un ordinateur, un disque dur externe ou qu'on paiera notre fournisseur d'accès internet, cela afin de compenser leurs pertes.
Malheureusement, on ne peut tout s'offrir, pourquoi la musique devrait-elle être gratuite ( ce que disent certaines personnes ) quand d'autres médias ne le sont pas ? Après avoir elle aussi beaucoup souffert du piratage autrefois, l'industrie du jeu vidéo se porte bien ( malgré le prix exhorbitant des jeux ), et l'on n'a jamais autant vendu de BD alors qu'elles atteignent un prix délirant ( presque celui d'un CD... )
Après tout, il y a suffisament d'excellente musique réellement gratuite en ce moment ( voir des groupes comme Time.Space.Repeat. ou des netlabels comme 12rec ) pour ne pas être obligé de télécharger celle qui ne l'est pas...
Je préfère donner directement au groupe en allant à ses concerts et en lui achetant directement disques et T-shirts :
Cela part d'un bon sentiment. Sauf qu'à un certain niveau, si le groupe joue certaines salles, c'est aussi grâce au travail accompli par sa maison de disque ( c'est en particulier le cas pour les groupes anglo-saxons jouant à Paris ). Une salle et un tourneur ne feront pas venir un artiste qu'au vu de ses amis Myspace et c'est aussi le travail du manager et du label d'organiser les tournées.
D'ailleurs on peut se poser la question de savoir si un artiste/groupe gagne plus en vendant 500 disques ou en faisant un concert devant 500 personnes...
Dans tous les cas, les places de concerts se vendant maintenant mieux que les disques, il est évident que tout le monde va vouloir sa part dessus et donc limiter celle des artistes...
Ce sont les majors qui souffrent du téléchargement et elles le méritent :
Art Brut vient d'être viré d'EMI et ce ne seront pas les seuls. Il n'y a pas forcément que de la merde sur les majors, et ce sont d'abord leurs "petits artistes" ( ceux les plus susceptibles de nous intéresser donc ) qui vont souffir des restructurations nées des pertes subies par les majors ainsi que les nombreux "faux" labels indés qui étaient en fait financés par des majors.
Quant aux petits voire micro labels, leur situation n'est pas forcément idéale : certains s'arrêtent ( voir le blog myspace de Resonant ), d'autres ont des difficultés quand certains s'en tirent bien. Il semble que la meilleure solution pour eux soit de compter essentiellement voire uniquement sur la vente directe ( par internet donc ) qui permet grâce aux pré-ventes de gérer à l'avance son stock et de limiter les risques au détriment de la vente en boutique.
Evidemment cela implique une certaine marginalisation ( ni publicité ni critique dans les magazines ) et limite les chances pour le groupe de percer dans le Mainstream. Mais cela évite aussi de se retrouver avec quelques centaines ( voir milliers ) de CD invendus parce que le groupe a fait parler de lui mais que les gens ont téléchargé sans acheter. Dans tous les cas, les grands perdants sont les disquaires, pourtant des vecteurs importants dans la découverte des groupes et qui ne peuvent plus dans de nombreux cas proposer certains "produits" à leurs clients.
Je n'ai jamais autant acheté de disques que depuis qui je télécharge :
C'est sans doute vrai, mais ce n'est pas le téléchargement en lui-même qui a provoqué cette vague d'achat mais le fait de découvrir la quantité de bonne musique disponible... Combien parmi les plus vieux d'entre nous ont vu leur budget disque exploser en découvrant, par exemple, les émissions de Bernard Lenoir ?
Cet argument ne peut d'ailleurs concerner que les fans hardcore de musique ( ceux qui lisent les blogs donc ), sinon l'industrie du disque n'irait pas si mal. Et d'après des conversations que j'ai pu surprendre à des concerts, de nombreuses personnes se contentent de télécharger ( même des petits groupes sur des petits labels ) sans jamais acheter.
En évitant les déceptions, je n'achète que des albums que j'aime et suis donc tenté d'acheter plus :
Sauf qu'il ne suffit pas toujours d'écouter deux fois le leak d'un album ( leak qui n'est parfois qu'une version non-définitive de l'album ) pour le juger et décider qu'il n'en vaut pas la peine. Combien de groupes vont souffrir de mauvaises critiques bien avant la sortie du disque ( cela a commencé pour les films dont certains se font descendre à la seule vue de leur supposé script original ) et se retrouver viré sur des impressions nées d'une écoute distraite après un téléchargement ?
Les Cure auraient-ils vendu beaucoup de The Top si les fans de la première heure avaient écouté l'album quelques mois avant sa sortie ? Cela aurait pu être la fin du groupe...
Et dans l'autre sens, l'enthousiasme né d'un téléchargement précoce ne se traduit pas forcément par des ventes : il y a deux mois les forums musicaux regorgaient de messages s'enthousiasmant du nouveau Beach House. Maintenant qu'il vient de sortir, j'ai l'impression qu'il passe inaperçu...
Bon voilà, j'ai enfin couché sur le papier informatique mes quelques idées sur la question. Encore une fois, il ne s'agit de juger personne : chacun fait ce qu'il estime juste. Je ne suis pas Pascal Nègre et donc ne souffre pas directement du téléchargement ( même si j'en souffre indirectement à cause de ce que je dois payer plus cher ). Simplement il ne faut à mon sens pas se cacher derrière des excuses plus ou moins bidon : on télécharge parce qu'on en a envie, qu'il n'y a pour ainsi dire pas de risque et qu'il est tellement plus simple d'avoir tout ce que l'on veut gratuitement.
Qu'on le veuille ou non, le téléchargerment de masse fait du mal aux labels et donc aux artistes. Et le jour où une forte partie des "consommateurs" de musique aura définitivement pris l'habitude de la gratuité, le risque sera grand de se retrouver avec une bi-polarité de la scène musicale :
* des artistes "établis" ( ou susceptibles de le devenir ) sur des labels reconnus qui toucheront leur part sur les ventes des disques mais aussi des places de concerts, des produits dérivés, des rentrées publicitaires... en contrepartie de leurs efforts de promotion.
* des artistes "marginaux", auto-produits ou sur des labels essentiellement online qui auront du mal à gagner un large public et à trouver des concerts d'une certaine dimension.
Paradoxalement, la musique ne s'est sans doute jamais aussi bien et aussi mal portée à la fois...
N'hésitez pas à argumenter, polémiquer, m'insulter... dans les commentaires.
Je renvoie encore une fois au blog du chanteur de Iko qui donne un point de vue intéressant de la part d'un musicien...
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Commentaires
Je t'aurai bien insulté, contrarié ou autre chose, mais je suis d'accord avec toi.
Moi, je t'avoue que je télécharge. Les choses introuvables ou rares, les bootlegs par exemple. Je télécharge quelques nouveautés, que j'achète ensuite. D'abord pour payer l'artiste, mais aussi parce que je suis un fondu de musique et que j'aime avoir les originaux et pas une copie moche. Enfin, si je sais être patient, je trouve mes disques à des prix raisonnables (je n'ai payé qu'un seul disque à plus de 10 €uros en ce début d'années, les autres, je ne les ai payé que entre 5 €uros et 8 €uros en moyenne, sachant que j'en ai acheté un cinquantaine.....). Pour ma pat, j'ai du mal à comprendre ceux qui téléchargent légalement des sonneries et des chansons, payées une fortune sur le téléphone de merde, avec un son pourrie, mais qui ne déboursent pas un centime pour acheter un disque. Mais je suis sans doute déjà trop vieux pour comprendre tout çà....
Écrit par : esther | 10.03.2008
Quasiment d'accord sur tout aussi Lyle!
Perso je ne télécharge jamais d'albums, seulement quelques titres sur les blogs pour avoir une idée de l'album.
Quant aux concerts, c'est clair que c'est un vrai problème, les places sont plus chères et les groupes demandent plus pour les festivals: La Route du Rock à St Malo (qui va peut-être disparaître d'ailleurs...) espérait avoir Radiohead cet été mais ils demandent 400.000€ (bah oui, c'est bien joli d'offrir "In Rainbows", mais après il faut compenser!) alors que le festival est en déficit de 200.000€.
Écrit par : erwan | 10.03.2008
C'est un vaste et bon sujet .
j'approuve quasiment la totalité de ton raisonnement . je ne cautionne pas le téléchargement mais je peux le comprendre .
personnellement je télécharge uniquement des morceaux épars dans le but de me faire une idée de l'album . j'achête plutôt sur internet vu que je vis dans une région désertée par tout disquaire ( hormi une grande enseigne à 4 lettres ) et globalement mon budget est relativement limité ( entre 3 et 5 albums achetés par mois ) .
Écrit par : azamleag | 10.03.2008
Bon allez, je m'y colle pour faire l'avocat du diable.
Pour rebondir sur un de tes points, je rappellerai que les majors n'ont pas entendu la crise liée au téléchargement pour dégraisser (cf Universal au moment du rachat de Geffen, par exemple).
Et pour rebondir sur un autre, quand tu sais combien Radiohead a fait de pognon avec "In Rainbows" (quelques chiffes étaient sortis dans The Guardian) tu te dis que les 400000 euros ne servent pas à combler les trous mais à faire du pognon. Rien de plus.
Sinon, le téléchargement participe pour moi d'un réflexe compréhensible face à une industrie qui s'est pas mal foutue de la gueule de ses clients. Quelques exemples:
* Toutes les années 90, on nous a servi le même refrain "ouais un CD c'est cher, mais vu les coûts de fabrication, on peut pas le vendre moins cher". Résultat: le prix du CD n'a quasi pas bougé durant dix ans et soudain sont apparus les CD-R et tout un chacun a pu constater que, hmm, ça coûtait pas si cher en fait. Nous aurait-on menti?
* A l'apparition du CD, les majors se sont frottées les mains. Genre "génial, on va pouvoir transférer le vinyls en CD et les vendre. c'est super win-win: peu d'investissement et plein de bénéfice!". Résultat: je rencontre aujourd'hui des gens qui n'achèteront jamais la version Deluxe du premier Velvet ou du premier Floyd, parce que bon, ils l'ont déjà acheté 2 voire 3 fois entre vinyl, CD et CD remasterisé sans bonus. Pire, les magasins en ligne semblent prendre le même chemin, à la manière d'iTunes qui vient de lancer iTunes Plus. Soit des titres déjà dispos mais dans un meilleur encodage. Au dixième upgrade on atteindra peut-être le format FLAC!?
* En tirant à tout va, du pirate aux contrefaiseurs en passant par le fan qui télécharge des bootlegs, l'industrie du disque a réussi à fédérer une communauté hétéroclite contre elle. Surtout qu'à côté, ben on agit pas contre les pays qui n'en ont que foutre du droit d'auteur et vendent des contrefaçons à gogo (des marchés aux sites web où un album coûte 0,99$.
Avec tout ça, même si je ne suis pas un immense téléchargeur et que je reste un grand acheteur de disques - par fétichisme mais aussi par "éthique" - je serai bien le dernier à jeter la pierre aux téléchargeurs. Même si les dégats collatéraux sont plus que chiants.
Écrit par : Christophe | 10.03.2008
Bon allez, je m'y colle pour faire l'avocat du diable.
Pour rebondir sur un de tes points, je rappellerai que les majors n'ont pas entendu la crise liée au téléchargement pour dégraisser (cf Universal au moment du rachat de Geffen, par exemple).
Et pour rebondir sur un autre, quand tu sais combien Radiohead a fait de pognon avec "In Rainbows" (quelques chiffes étaient sortis dans The Guardian) tu te dis que les 400000 euros ne servent pas à combler les trous mais à faire du pognon. Rien de plus.
Sinon, le téléchargement participe pour moi d'un réflexe compréhensible face à une industrie qui s'est pas mal foutue de la gueule de ses clients. Quelques exemples:
* Toutes les années 90, on nous a servi le même refrain "ouais un CD c'est cher, mais vu les coûts de fabrication, on peut pas le vendre moins cher". Résultat: le prix du CD n'a quasi pas bougé durant dix ans et soudain sont apparus les CD-R et tout un chacun a pu constater que, hmm, ça coûtait pas si cher en fait. Nous aurait-on menti?
* A l'apparition du CD, les majors se sont frottées les mains. Genre "génial, on va pouvoir transférer le vinyls en CD et les vendre. c'est super win-win: peu d'investissement et plein de bénéfice!". Résultat: je rencontre aujourd'hui des gens qui n'achèteront jamais la version Deluxe du premier Velvet ou du premier Floyd, parce que bon, ils l'ont déjà acheté 2 voire 3 fois entre vinyl, CD et CD remasterisé sans bonus. Pire, les magasins en ligne semblent prendre le même chemin, à la manière d'iTunes qui vient de lancer iTunes Plus. Soit des titres déjà dispos mais dans un meilleur encodage. Au dixième upgrade on atteindra peut-être le format FLAC!?
* En tirant à tout va, du pirate aux contrefaiseurs en passant par le fan qui télécharge des bootlegs, l'industrie du disque a réussi à fédérer une communauté hétéroclite contre elle. Surtout qu'à côté, ben on agit pas contre les pays qui n'en ont que foutre du droit d'auteur et vendent des contrefaçons à gogo (des marchés aux sites web où un album coûte 0,99$.
Avec tout ça, même si je ne suis pas un immense téléchargeur et que je reste un grand acheteur de disques - par fétichisme mais aussi par "éthique" - je serai bien le dernier à jeter la pierre aux téléchargeurs. Même si les dégats collatéraux sont plus que chiants.
Écrit par : Christophe | 10.03.2008
ma question à moi est la suivante : d'où vous vient donc cette idée qu'un groupe devrait vivre de sa musique ? Un peintre qui passe sa vie dans son atelier à croûter des toileset à faire quelques expositions par ci par là et ne vendra que trois ou quatre toiles dans sa vie ne peut pas vivre de son art, par exemple. Et pourtant, il peindra encore et peindra toujours. Pourquoi n'en serait-il pas de même avec la musique ? Des groupes peuvent enregistrer des albums dans leurs coins (la plupart de ceux que vous aimez sont dans ce cas, amis blogueurs), c'est une chose qu'on peut aujourd'hui faire à très peu de frais. Vous raisonnez comme si l'art devait forcément être RETRIBUE... J'aimerais savoir qui, à part les maisons de disques, vous a pu vous mettre cette idée là dans la tronche !!
PS : j'en connais à qui ça risque de ne pas plaire cette sortie...
Écrit par : coolbeans | 10.03.2008
Pour prolonger un peu ce que je disais ci-dessus, j'ajouterai que je bosse BENEVOLEMENT depuis 17 ans à faire connaître les groupes que j'aime. J'ai animé une émission de radio tous les dimanches soirs pendant 14 ans. C'est 14 ans de sacrifice de vie de famille, d'heures de préparation etc...
Aujourd'hui, je rédige trois blogs sur la musique indé, j'ai toujours une émission de radio hebdomadaire. Je ne compte plus les heures que je consacre à cette industrie du disque.
De plus, j'ai dépensé, en 20 ans, à peu près deux cent mille francs (!!!) pour acheter des disques.
Je n'ai JAMAIS demandé une place de concert gratos, je n'ai JAMAIS rien gagné à faire tout ce boulot. Et je ne demanderai jamais la moindre rétribution. Et pourtant, en quantité de boulot, croyez-moi, je suis persuadé que ce que j'ai fourni vaut bien l'enregistrement de quelques albums.
Toute peine mérite salaire ?
Pas pour tout le monde.
Écrit par : coolbeans | 10.03.2008
@esther : ah ouais, bah si tu comprends pas le plaisir de traîner en bas de la tour en écoutant de la musique pourrave sur ton portable...
@erwan : les concerts des "gros" groupes vont devenir inaccessibles quand les "petits" groupes paireont bientôt pour jouer ( et pas seulement pour le trajet... )
@azameag : comprendre le téléchargement est facile et je ne le condamne pas. Ce sont les excuses bidons qui m'énnervent !
@christophe : les majors paient leurs erreurs ( on remarquera que l'industrie du DVD est en train de faire la même avec ses sorties normal / collector / ultimate / Blueray / collector Blueray / ultimateBlueray... ) Ce qui m'ennuie c'est que je suis persuadé qu'elles retomberont sur leurs pieds et que ce sont les petits labels et les petits groupes qui souffriront le plus. Encore une fois le blog du label Resonant est significatif, et pour avoir parlé à d'autres responsables de petit label, ils sont loin d'être les seuls à souffrir...
@coolbeans : Tout le monde ne peut pas vivre de la musique et en effet, la plupart des artistes dont nous parlons sur les blogs n'en vivent pas. Ils auraient pour beaucoup même tendance à en perdre... Le problème est que s'ils ne trouvent pas les moyens de au moins minimiser leurs pertes, ils risquent de se décourager et d'arrêter la musique ( ou tout du moins d'arrêter de jouer live ce qui reste quand même le meilleur moyen d'atteindre un public suffisant pour se permettre de publier un album même autoproduit )
Ce sont les groupes entre petits et moyens qui souffrent le plus : trop connus pour ne faire qu'un concert local de temps en temps, pas assez connus pour qu'une tournée ne leur coûte pas un assez gros paquet de fric ( sans compter les pertes dues au besoin de se mettre en congé de son boulôt... ) Récemment des groupes comme Kinesis ou Make Good Your Escape ont splittés pour de telles raisons. Et si de tels groupes voient leurs ventes devenir encore inférieures, ils se retrouveront dans des situations financières impossibles.
Toute peine mérite salaire ?
Pas pour de nombreux artistes dont nous parlons.
Espérons juste qu'il seront en situation de continuer...
Écrit par : lyle | 10.03.2008
Si je suis ce que je suis aujourd'hui , je le dois à la musique que j'écoute .
J'ai eu la chance de grandir à côté d'une médiathèque où je pouvais emprunter gratuitement des tonnes d'albums. C'est ce qui m'a permis de découvrir tous les artistes qui m'ont de temps en temps sauvé la vie ( ben ouais, allez , carrément ).
Le téléchargement peut être , pour ceux qui habitent à la campagne une forme de médiathèque virtuelle .
On peut le prendre comme ça .
Surtout , et c'est ce qui me semble le plus important , ce qui me rend méfiant , c'est que ceux qui attaquent les pirates me semblent pas crédibles bien souvent .
Des marchands , qui se prennent ujn méchant retur dans la gueule .
Bien fait ?
(Merde, je dois aller bosser... je continue tout à l'heure ...).
Écrit par : daniel | 11.03.2008
Le débat est tronqué, d'emblée.
Le piratage a toujours existé, avant on copiait à tout va sur des K7 audio et on se les refilait au lycée ou ailleurs. Et à cette époque, déjà, l'industrie musicale chouinait sur ces vilains voleurs que nous étions et demandait des mesures radicales.
La différence majeure est que nous sommes passés à une économie de masse dématérialisée et au lieu de s'avouer qu'elles ont complètement loupé le coche, les majors ont préféré se recroqueviller et prendre comme bouc émissaire d'abord le mp3 (cf le discours des maisons de disque et notamment un certain Pascal Nègre sur ce support) et ensuite le P2P ou les autres façons de télécharger. Ce qui est remis en cause, ce n'est pas la musique ni les artistes, mais réellement une économie de vache à lait, à savoir un support le CD au prix prohibitif dont la qualité a en plus baissé au long des années (qui était déjà une merde bouillue comparée au vinyle)... Peux-tu me dire quel est l'intérêt d'acheter l'intégrale des Beatles en CD alors que la version vinyle reste à ce jour meilleure ?
Une chose que l'on sait rarement est que les maisons de disque commençaient à perdre de l'argent bien avant l'arrivée du téléchargement de masse au début de cette décennie et ce bien avant le téléchargement de masse.
Simplement le CD nous a été imposé, à nous autres consommateurs. Du jour au lendemain, on a du remballer notre platine vinyle et casquer un max pour acheter le matos adéquate et se refaire sa discothèque à un prix beaucoup plus cher ? Les maisons de disque s'en sont mis plein les fouilles. Si après elles n'ont pas su capitaliser, c'est leur problème et pas le nôtre.
Là c'est l'inverse qui se produit à savoir qu'Internet impose un paradigme de consommation culturel différent : elle est à la fois transversale et à la verticalité renversée. Internet a imposé le mp3 comme support, les internautes imposent une nouvelle loi du marché fondée sur le partage, une forme de gratuité et une écoute intelligente (je télécharge et j'achète si j'aime ensuite).
Et c'est ce modèle-ci que les Majors et l'économie traditionnelle (dans sa grande majorité) ont du mal à appréhender.
De plus, l'impact du téléchargement massif sur la vente des disques est quasi nulle (cf cette étude (http://www.news.com/2100-1027_3-5181562.html?part=rss&tag=feed&subj=news).
Mais là en fait où je me marre le plus est lorsque j'entends les musiciens ont du mal à vivre de leur musique, à cause de ce phénomène... c'est totalement faux. Un musicien vit aujourd'hui beaucoup mieux qu'un écrivain ou un peintre ou un chorégraphe, s'il a un peu de talent et sans passer obligatoirement par un label. Je connais un groupe qui vit correctement de ses revenus de concerts et des téléchargements payants directs sur leur site. Ils s'autoproduisent et le bouche à oreille suffit pour les faire vivre. Maintenant si on veut une villa à St Trop' et le dernier 4x4 pollueur, c'est sûr que ce mode de fonctionnement est un peu court.
Et puis j'en reviens à ce que dit Coolbeans, qui a raison sur le fond, pourquoi l'art devrait être rétribué ? On vit dans un monde où on le confond de plus en plus à un produit. On consomme du cinéma, du théatre ou de la musique comme on mangerait des pop-corns. Ainsi, les maisons de disque ne produisent plus de la musique mais vendent des petites galettes sous cellophane. On oublie souvent que la musique est une expérience basée sur l'échange et la découverte : écouter de la musique est un événement social en soi, rien n'est plus évanescent que cet art. Et on a tendance à l'oublier.
Écrit par : Ulrich | 11.03.2008
Bon, ben je rajoute rien finalement , le commentiare précédent me semblant très clair et très juste .
je rajouterai juste ceci : je n'aime pas qu'on me fasse culpabiliser . C'est ce que font les adversaires des "pirates ".
Quand on organise un débat autour de ce sujet , on repère tout de suite deux personnes , toujours là : celle qui n'écoute pas de musique et le responsable d'une maison de disque ( qui sont parfois la même personne ).
Et ils ne sont pas convaincants .
Pas du tout .
Écrit par : daniel | 11.03.2008
@daniel : oui, il y a eu les médiathèques et heureusement. Que de découvertes. Elles nous ont aussi appris a apprécié l'objet disque et à en profiter. Je suis un peu sceptique quand je vois des "pirates" se vanter des 10 nouveaux albums qu'ils viennent de télécharger et écouteront vaguement en attendant les 10 prochains. Cela me rappelle le bon vieux temps ou les mecs collectionnaient des centaines voir des milliers de jeux pirates auxquels ils ne jouaient jamais...
Et encore une fois, le but de ce post n'était pas de culpabiliser ou d'accuser, juste un coup de gueule contre les excuses bidons souvent utilisées. S'il on a besoin de se justifier, c'est déjà que l'on se sent un peu coupable...
@Ulrich : tu soulèves de nombreux points intéressants. Le problème est effectivement le passage d'un pirate "artisanale" à un pirate de masse, qui ne nécéssite même plus l'achat d'un original, puisque les leaks viennent des masters ou des promos...
Oui, encore une fois, les majors se sont comportés comme des gougnaffiers, se sont fait pendant des années des c*** en or et leurs pertes sont sans nul doute à leur incapacité à développer de nouveaux artistesmajeurs et à priviligier la rentabilité immédiate au dévelopement de carrière.
Mais encore une fois, je ne m'inquiète pas pour elles. Elles trouveront des solutions : taxes gouvernementales sur plein de trucs, réduire la part des artistes dans plein de domaine... C'est pour de nombreux petits artistes et labels que je m'inquiète : si certains profitent ( pour l'instant, attendons pour voir sur la durée ) de l'internet et de la vente directe, d'autres qui souhaitent rester dans le circuit habituel ont plus de mal. Et si le groupe que tu connais s'en tire bien, d'autres n'ont pas cette chance et faire d e la musique leur coûtent de l'argent.
"On oublie souvent que la musique est une expérience basée sur l'échange et la découverte : écouter de la musique est un événement social en soi, rien n'est plus évanescent que cet art" : c'est beau et c'est vrai. Mais pour qu'un artiste vienne faire partager cet échange sur scène à 100, 500, 1000 ou 5000 km de chez lui, encore faut-il que ca ne le ruine pas et que ca n'est pas de conséquence sur son "vrai" job.
Écrit par : lyle | 11.03.2008
Est-ce que je me sens coupable ... ?
Ouais , certainement un peu . C'est mon côté labrador pour aveugle ( l'expression n'est pas de moi, elle m' a été attribuée par quelqu'un qui a volé à mon secours sur l'un de mes derniers billets ( mon pote Max pour ne pas le nommer ).
Quand je suis allé voir Thee Stranded Horse il y a une semaine et que j'ai acheté deux albums au stand ( le Thee Stranded Horse et un Encre ) , je devais avoir l'air coupable puisque Yann ( le chanteur ) m'a conseillé de télécharger un album et d'en acheter qu'un seul ...
Ce que je n'ai pas fait .
J'ai acheté les deux cds , tout comme j'ai acheté les derniers Syd Matters et Rhesus .
C'est un acte politique ( si, si carrément ).
Enfin, ça le devient par la force des choses...
En tout cas , j'emmerde Bruel et tous les autres blaireaux qui avaient rappliqué au moment du dernier projet pour contre le piratage . C'est pas de ma méchanceté mais un juste retour des choses ( oui, puisqu'eux m'emmerdent avec leur musique depuis des années ...Parce que ces mecs -là sentent mauvais et tu sens bien qu'ils sont pas sincères sur ce coup-là ...
Écrit par : daniel | 11.03.2008
Allons allons Daniel, tu sais bien que je ne parlais pas pour toi ( ni d'ailleurs pour la plupart des passionnés de musique qui peuplent les blog )...
Quand à emmerder tous ces hypocrites ( patron de la F***, de monde pas propre et vendeur pour minettes en fin de carrière ) qui voient avec effroi s'éloigner leur prochaine Ferrari, on en est tous là... Malheureusement, j'ai bien peur qu'ils trouvent des combines pour pouvoir se l'acheter quand même...
Écrit par : lyle | 11.03.2008
Tu as malheureusement certainement raison ...
Écrit par : daniel | 11.03.2008
"Mais encore une fois, je ne m'inquiète pas pour elles. Elles trouveront des solutions : taxes gouvernementales sur plein de trucs, réduire la part des artistes dans plein de domaine... C'est pour de nombreux petits artistes et labels que je m'inquiète : si certains profitent ( pour l'instant, attendons pour voir sur la durée ) de l'internet et de la vente directe, d'autres qui souhaitent rester dans le circuit habituel ont plus de mal. Et si le groupe que tu connais s'en tire bien, d'autres n'ont pas cette chance et faire d e la musique leur coûtent de l'argent."
=> Au contraire de toi je pense que les maisons de disque vivent leur dernier quart d'heure. Et si cette industrie se meurt, c'est loin d'être une mauvaise chose pour les artistes car là où avant tu n'avais qu'un seul modèle économique, tu en as plusieurs :
Pour les gros, tu as quatre possibilités :
- la jurisprudence Bowie, qui alerta ses comparses en disant :"oubliez la vente de disque, votre source de revenue doit venir des concerts que vous donnez" => 5 ans après, Madonna suit mot pour mot ce conseil, quitte la Warner et s'associe avec le plus gros tourneur de la planète.
- la jurisprudence Prince : on propose directement son oeuvre en téléchargement payant, suiveur Radiohead et NiN, avec les succès que l'on connait pour l'avant-dernier.
- la jurisprudence Paul McCartney : je quitte mon label historique (en l'occurence EMI), et tente l'aventure avec un non professionnel de la musique qui produira mes disques en l'occurence la chaîne Starbucks et ainsi ma musique sera téléchargeable sur à peu près toutes les plateformes légales. Suiveur Joni Mitchell.
Pour les petits, d'autres possibilités s'offrent à eux, en dehors de proposer eux-mêmes sur leur site un téléchargement de leur oeuvre :
- passer par une plateforme comme Magnatunes qui reverse 50% des revenus engendrés par la vente d'un album ou d'un titre.
- passer par Jamendo et ton oeuvre est payée par un versement de dons
- passer par une plateforme comme ArtistShare, sur laquelle on demande aux internautes de devenir eux-mêmes producteurs en finançant directement de leur poche les artistes qu'ils aiment. Si le seuil est atteint, ArtistShare produit le disque.
Maria Schneider est passée ainsi à ce système, ça a marché, elle est nominée aux Grammy Awards.
- organiser directement avec tes lecteurs de sites web tes concerts (un new-yorkais se produit ainsi) en imposant tes conditions : il ne se déplace que si X personnes achètent le billet... et apparemment ça marche.
etc. etc.
Le Net a démultiplié les possibilités et ce que je cite ne sont que quelques exemples, il y a sûrement d'autres modèles économiques que je ne connais point...
Et il n'est pas simple pour les acteurs de ce secteur (et nous en faisons partie, car avec nos audioblogs, nous leur donnons de sacrés coups de canif) de penser que leur bout de gras est entrain de disparaître. Oui des métiers vont disparaître et en premier lieu, l'ingénieur du son et le directeur artistique, oui c'est peut-être dommage mais en même temps l'évolution est telle qu'il faut mieux prendre le train en marche que tirer à boulet rouge sur le téléchargement massif.
Écrit par : Ulrich | 11.03.2008
Comme quoi, y'a bcp à dire, mais à l'arrivée, c'est le consommateur qui est souvent perdant. Comme toujours.
Écrit par : esther | 11.03.2008
@ulrich : Pour les gros, ca devraient aller, les dinosaures ont d'autant plus la partie facile qu'aucun groupe ou artiste n'arrive plus à atteindre ce genre de statut... Et leurs équipes de management valent bien un label...
Pour les petits, je me rappelle de l'échec cuisant que fut peoplesound.com en son temps... Toutes ces nouvelles tentatives permettront-elles réellement à des artistes de sortir du niveau local ? Car jusqu'ici, combien d'artistes ont réellement réussis à percer gràce au net ? Pas tant que cela, j'ai l'impression. Et ils ont souvent très vite bénéficié des conseils avisés d'un manager et d'un label...
Le pire serait sans doute que se généralisent les contrats dans lesquels les maisons de disques prennent leur part sur les concerts, les publicités, le mechandising... en échange d'une gestion totale de carrière.
Encore une fois, je ne tire pas sur le téléchargement mais sur LES FAUSSES EXCUSES que certains utilisent pour se justifier ( les mecs qui se plaignent que les disques sont trop chers et vont picoler bière sur bière pendant les concerts par exemple... ) et j'éspère de tout coeur voir apparaitre ces "nouveaux modèles économiques" qui seraient aussi profitables pour l'artiste que son public... Simplement j'en doute !
@esther : en effet, et c'est sans doute pour cela que se développe les "consommateurs non payants"...
Écrit par : lyle | 11.03.2008
>Comme quoi, y'a bcp à dire, mais à l'arrivée, c'est le consommateur qui est souvent perdant. Comme toujours.
Non au contraire, dans cette révolution qu'est l'Internet 2.0 (je ne parle pas du web 2.0), le consommateur est (re)devenu l'épicentre, c'est lui qui impose et pas les autres.
Ce qui est intéressant sur les plateformes telles que Magnatunes ou encore dans le modèle proposé par Radiohead, c'est nous qui fixons la valeur de ce que nous achetons... le prix n'est plus imposé.
Une véritable révolution commence et il ne faut pas surtout pas la sous-estimer. Mais il est clair qu'elle se fera dans la douleur. Nous entrons dans l'ère de l'après-capitalisme.
Écrit par : Ulrich | 12.03.2008
Le consommateur est l'épicentre ? Pas si sûr malheureusement... La hype internet Arctic Monkeys a été parfaitement bien orchestré...
Fixer la valeur de ce qu'on achète est un jeu dangereux, surtout si le vendeur n'a pas son mot à dire...
Tu sembles partir avec l'idée que l'homme est bon, que l'amateur de musique rétribuera l'artiste qu'il apprécie. Cela ne me semble pas évident.
Quand à l'ère de l'après capitalisme, permet moi de douter : pour enregistrer un disque, il faut un minimum d'argent, pour aller jouer à l'étranger aussi, pour gérer tout ce qu'il y a à gérer dans une carrière artistique, il faut quelqu'un...
Écrit par : lyle | 12.03.2008
Non, ce n'est pas un discours naïf. Il est basé sur des faits et des exemples bien précis : sur des applications qui révolutionnent le comportement de base(style Joost), qui inverse un paradigme existant.
Quant à l'argent pour financer, le modèle alternatif existe cf ArtistShare. Tout est donc en place. Et bien en place.
Écrit par : Ulrich | 12.03.2008
Ai-je dit que tu étais naïf ?
Non, c'est juste le vieux con cynique que je suis ( cf le titre de mon blog ) a des doutes.
Sing-Sing ( avec Emma de Lush quand même ) avait du "faire la quête" sur le net pour pouvoir enregistrer son deuxième disque. Ca a marché. Sauf que toutes ces batailles pour si peu d'effets ont eu raison du groupe...
Écrit par : lyle | 12.03.2008
Peut-être pas cynique mais sceptique certainement ;-))
Écrit par : Ulrich | 13.03.2008
Mon commentaire a t'il le moindre intérêt alors que tu sais déjà qu'en gros, je suis d'accord avec toi ?
Pour prendre une simple fourchette (car évidemment le nombre varie selon les périodes) sur 100 / 150 nouveaux disques que je me procure dans un trimestre, je dois en télécharger 10 ou 15 à tout casser. Nombre complètement dérisoire mais déjà trop important - je suis le premier à le reconnaître. J'ai beau éviter de télécharger n'importe quoi n'importe comment, je sais pertinemment que ce n'est pas parce que je téléchargerais prioritairement les Red Hot et Madonna qu'Art Brut ne se fera pas virer (car les petits paient les invendus des gros, ce qui rend totalement caduque cet argument répandu - que tu as (volontairement ?) omis de mentionner - comme quoi si on charge que les gros y'a pas d'mal).
Mais le vrai problème, et tu mets le doigt dessus, ce n'est ni toi ni moi ni personne qui passera ici. On continuera toujours à acheter une tonne de cds, on sera même éternellement (pour certains) des snobs du téléchargement qui chercheront toujours une flopée trucs jamais mis en ligne et nous plaindrons de la faiblesse des bases de données.
Le problème vient des gosses que j'ai en cours, par exemple. Qui téléchargent tout, n'importe quoi, massivement, et ne font QUE télécharger parce que précisément ils ne sont pas des passionnés et n'ont aucune idée des tenants et aboutissants de l'affaire. Certains de mes étudiants n'ont pas acheté un seul cd depuis deux ans !!! Parce que, et je m'étonne qu'on en parle si rarement, le téléchargement est une DROGUE. La première fois que j'ai découvert la mule, il y a des lustres, j'ai téléchargé quasiment non-stop pendant une semaine. Tout était là, tout ce que je voulais, gratos...je faisais des listes interminables de trucs à charger, je prenais même plus le temps d'écouter...et ça, c'est dangereux. J'en suis revenu assez vite, mais je peux dire en rougissant que je n'ai en réalité jamais aussi peu aimé la musique qu'à cette époque. Et je suis consterné quand je vois que la plupart des gens autour de moi n'en revient pas. Que le mec de ma mère n'a plus acheté un disque depuis des années, que la femme que j'aime est capable de me dire "pas la peine de m'offrir un cd pour anniversaire, quel intérêt ?"...ça, c'est révoltant, tout à fait problématique et ça ne peut se soigner que par la pédagogie - certainement pas par la répression gouvernementale. Or de la pédagogie, cher ami, tu en fais très bien. On devrait t'embaucher ailleurs, car ici tu prêches des convertis.
Amitiés, et désolé pour ce commentaire énorme.
Écrit par : Thom | 13.03.2008
Hum...quant à l'artiste vivant de sa musique...mon dieu oui, quelle horreur. Faire de l'argent l'art, c'est trop beurk.
Non, sérieusement : actuellement je corrige mon premier manuscrit en vue de publication. Je bosse donc toute la journée et j'y consacre mes nuits. La plupart des musiciens et écrivains que je connais ont deux activités...qu'on m'en trouve un seul qui ne veut pas vivre de son art et soit sincère, et je lui paie une bière. Contrairement à une idée largement répandue par les punks, l'art nécessite une somme de travail considérable, peut-être plus que n'importe quel autre job. Que les artistes soient considérés comme des salariés ordinaires me choquerait au plus haut point...car il y a une différence sémantique réelle entre un "travail" et un "métier". En revanche que mon frère perçoive une rétribution quand après avoir fait le VRP 50 heures en 5 jours et il s'enferme en studio pendant 40 heures de son week-end pour enregistrer un album qui lui coûte la peau des fesses...bizarrement, ça ne me choque nullement. Je lui souhaite de ramasser un max de blé et d'en vivre. Ca lui permettra de voir sa compagne une fois de temps en temps, et peut-être même de songer à faire des gosses sans que ça l'oblige à abandonner sa passion...
Écrit par : Thom | 13.03.2008
Arrête Thom, j'vais rougir, et ce blog en rouge, ça irait pas...
Eh oui, le succès des gros aide les petits car les labels veulent trouver les futurs gros qui leur rapporteront plein de sousous... D'ailleurs, le départ des gros désireux de voir augmenter leur part du gâteau va être un problème. A moins qu'ils ne décident de les "aider"... Souvenons nous dans les Comics de la grande période de Image. Tous ces artistes quittant le grand méchant Marvel qui les exploitait en les payant "une misère" et sans leur donner les droits sur leur création. Tous ces artistes devenus leurs propres maîtres s'empresserent d'embaucher des petits jeunes qu'ils exploitèrent en les payant "une misère" et sans leur donner les droits sur leur création...
Quand je vois sur les forums les personnes qui se vantent des derniers leaks qu'ils ont téléchargés et qui commentent après une écoute des albums dont ils ne sont même pas sur d'avoir la version définitive, effectivement, je parlerai bien de drogue...
A défaut d'en vivre, si les artistes pouvaient au moins ne pas perdre d'argent voir améliorer les fins de mois, ca ne serait déjà pas mal... Et si certains en vivent bien voir très bien, tant mieux !
Écrit par : lyle | 13.03.2008
Les leaks...j'ai été journaliste indé pendant des années...les advances et compagnie...je m'en enfilais des palettes entières chaque semaine, et s'il y a bien deux trucs que ça m'a appris c'est :
1. ne jamais oublié qu'advance, leak ou quel que soit le nom le disque n'est définitif qu'une fois en rayon
2. ne jamais donné la moindre opinion avant minimum la vingtième écoute
Alors c'est sûr que les mecs dont tu parles font doucement rigoler.
Écrit par : Thom | 13.03.2008
Super débat, où je ne sais trop comment choisir entre les opinions des uns et des autres, étant aussi un peu des deux bords (achat de +/- 5 disques par mois, principalement sur les labels directement ou en 2e main sur amazon - effectivment, 20 euros par disque c'est un peu trop pour moi, 15 est ma limite -, téléchargement sur les blogs et sites des artistes - qui par après si j'apprécie me ramènent à l'achat, téléchargement payant de quelques morceaux voire albums sur i-tunes, téléchargement illégal sur un site payant à 1 dollar l'album principalement des vieux trucs que j'ai envie de découvrir, et parfois, quand je ne trouve rien, téléchargement illégal et gratuit - 15 à 20 MP3 par mois + la Médiathèque lorsque je suis au pays).
D'abord, au passage, je précise que l'une des raisons pour lesquelles je ne télécharge pas plus parfois, c'est que je n'ai toujours pas compris le fonctionnement des trucs .torrent et autres, et puis aussi, les bases des mules et autres sont trop pauvres, et enfin, rien à faire, j'aime avoir un album entier, je déteste les compils.
Et si j'achète c'est aussi pour soutenir les artistes que j'apprécie, les labels que j'aime, avoir les objets-disques...
Ma question/réflexion tient plutôt à ceci (réflexion qui me vient au fur et à mesure que je découvre les sites de téléchargement légal et gratuit, genre Magnatune cité plus haut):
Je ne m'y retrouve pas et ne sais pas quoi écouter (et n'ai pas le temps de tout écouter). Bref, tout ceci pour dire, que dans cette jungle, j'ai un peu peur que l'on n'y perde nos repères entre ce qui vaut l'oreille et ce qui ne le vaut pas. Et ceci même si je suis aussi tombé sur des trucs très bien disponible gratuitement en ligne (mais néanmoins, principalement par le biais de labels en ligne plus que par ces sites fourre-tout)... Encore dans le paradoxe! Bref, je suis assez curieux de l'avenir le jour où les labels de tout genre auront disparu. Car personnellement, même en étant très très ouvert musicalement et plutôt bon public, j'ai quand même l'impression d'avoir besoin de lignes directrices...
Écrit par : MMA | 18.03.2008
j'arrive avec un an de retard...
Le post et les commentaires sont vraiment intéressants. Ils confirment ce que je pense et ce que pas mal de gens autour de moi, grands consommateurs eux-aussi, pensent.
Personnellement je n'ai téléchargé que quelques trucs sur les sites des artistes, des trucs présentés comme introuvables sur albums et offerts à la curiosité des fans. Pour le reste, pour la curiosité et les découvertes, des outils basiques comme myspace suffisent à m'appater ou non, à m'aider à savoir si j'ai envie ou pas d'acheter un album.
Félicitations au passage pour ce blog de passionné.
David
Écrit par : David | 14.03.2009
Merci !
Écrit par : lyle | 17.03.2009
Sympa que ce fil remonte maintenant :-)
Ce qui me rappelle qu'à une époque je commentais encore les articles évoquant ce sujet, ce que je ne fais plus vu que j'en ai marre de passer pour un genre de réac... peut-être as-tu déjà ressenti la même chose que moi. Ce qui est d'autant plus paradoxal que des gens comme toi ou moi ne se présentent pas comme des "anti" téléchargement. Simplement j'ai fini par me rendre à l'évidence : il est inutile d'essayer de ménager un juste milieu entre la désinformation totale des labels et de la presse d'une part, et l'angélisme des téléchargeurs junkies d'autre part.
Ce que je trouve étrange dans tous ces débats sur le téléchargement, cependant... c'est qu'on parle finalement essentiellement du téléchargement de la musique, alors que je ne suis pas convaincu que ce soit ce qui se télécharge plus (en tout cas pas moi ni les gens qui m'entourent). Je n'arrive pas vraiment à m'expliquer l'explosion du format dvd, tout aussi soumis au téléchargement et même plus encore, je suppose, quand on voit le prix d'un coffret de série (tiens par exemple... les coffrets "24 heures chrono", je regardais tout à l'heure à la FNAC, 52 euros 90 ! pour des épisodes déjà diffusés trois fois en télé !). Les gens ont a priori deux fois plus de raisons de télécharger des films et des séries (on peut ajouter d'ailleurs que personne - enfin presque - ne s'envoie dix fois un film comme il s'envoie dix fois un disque, que c'est un produit théoriquement bien plus périssable)... or le marché se porte comme un charme. Qu'en pense notre expert ? :-)
Écrit par : Thom | 17.03.2009
Tu as tout à fait raison pour dire qu'il n'y a ( semble-t-il ) pas le droit d'avoir une position intermédiaire sur le sujet : on est pour ou contre le téléchargement. Je l'ai déjà dit, je ne suis ni pour ni contre ( bien au contraire ), ce qui m'énerve ce sont les gens qui éprouvent le besoin de se justifier et ne reconnaisse pas les dommages du téléchargement auprès des groupes et labels les plus petits.
Au sujet du DVD, effectivement une bien plus grosse "arnaque" commerciale que le CD ( d'autant qu'il succède au Laserdisc pour être remplaçé par le Blueray dont on attend maintenant le successeur... ), j'ai déjà dit ailleurs que son heure allait venir. On voit encore beaucoup d'acheteurs en masse ( des mecs qui repartent du magasin avec des dizaines de DVD, ce qui n'arrive presque plus avec les CD ) mais il me semble avoir lu que le marché commence à diminuer. Et ce que je vois des jeunes générations n'est pas bon signe pour cette industrie là : ce sont des gros téléchargeurs de films et séries, sans doute plus encore que de musique. Mais pour l'instant le quidam de province semble encore enclin à acheter des DVDs comme il achetait des vidéos alors qu'il n'a jamais été gros consommateur de disques...
Et je ne suis un expert en rien :))))
Écrit par : lyle | 17.03.2009
Oui, absolument (sur le premier point). Alors que dans une société un tant soit peu adulte, on devrait pouvoir parvenir à trouver un juste équilibre. Maintenant je dis ça en ayant bien conscience que je suis un privilégié : des disques, j'en reçois plein sans que ça me coûte même un timbre, j'ai un salaire raisonnable... si j'ajoute deezer, je ne connais pas vraiment les problèmes financiers que pourrait connaître un ado de 17 ans qui découvre la musique et je pourrais parfaitement vivre sans le téléchargement, dont je me sers d'ailleurs de moins en moins avec les années (si c'est pour écouter un truc en mp3 deezer, jiwa & co. me vont très bien, je ne vois pas l'intérêt de "posséder" une bibliothèque mp3, je n'ai d'ailleurs jamais plus d'une dizaine d'albums sur mon disque dur - je dois être un semi-extra-terrestre dans la blogosphère ;-)
Sur les films et séries... je n'ai pas vraiment d'avis. Dans le premier cas, je n'en télécharge quasiment jamais, je ne sais même pas pourquoi (mais j'achète peu de dvd aussi, je suis très "salle de ciné", en fait). Sur les séries... c'est encore différent, le système n'est pas du tout le même, il n'y a pas vraiment de "petits labels" ou de "petits artistes" qui pâtissent de la chose, d'ailleurs les networks américains n'ont pas grand-chose à carrer du téléchargement de série. Il faut dire aussi qu'ils ont réagi avec intelligence il y a déjà longtemps, en installant presque tous les épisodes en streaming sur leurs sites durant la semaine qui suit la diffusion, ce qui limite considérablement l'hémoragie... et puis bon, détail qui a sa petite importance : les principaux networks diffusant les principales série sont déjà à la base gratuits et accessibles tous.
Écrit par : Thom | 17.03.2009
Personnellement je reçois très peu de promo ( ça a sans doute à voir avec la toute petite renommée de ce blog et avec ma façon de traiter les mecs des maisons de disque : Lui - "bonjour, je suis attaché de presse de GrosLabel et on aime bien votre blog à qui on proposerait bien un partenariat" ; Moi - " quel dommage que vous ne sortiez que de la merde" ) et j'achète énormément. Il est vrai que j'ai un salaire décent. Mais depuis la naissance de mes enfants, il a fallu que je supprime certains achats et donc fasse des choix : quasiment plus de DVD ou de livres d'art... Et si je n'arrive pas à me procurer un album, et bien tant pis. C'est ça savoir accepter la frustration. L'adolescent qui télécharge parce qu'il n'a pas d'argent sur son ordinateur dernier modèle pour son Ipod dernier cri me fait penser au mec qui se plaint d'avoir du mal à nourrir sa famille mais possède un abonnement pour les matchs de foot de son club préféré...
Pour les séries télé, je pense que tu as tout dit !
Écrit par : lyle | 17.03.2009
Oui... enfin à ceci près que l'ado dont on parle, contrairement au connard avec ses chaines de foot, n'a certainement pas payé son i-pod lui-même. Il se l'est probablement plutôt fait offrir à son anniversaire (non ? tu crois que les gamins ont à ce point changés ? (dit celui qui n'a même jamais eu un walk-man pour son anniversaire, mais enviait quand même vachement ses copains))
Écrit par : Thom | 17.03.2009
Les ados et même les pré-ados, ils ont un de ses frics maintenant...
On n'imagine même pas ! Ca doit être supérieur au PIB de bien des pays...
Écrit par : lyle | 17.03.2009
T'as ben raison, papé ! on vit dans une drôle d'époque. Nous fallait qu'on économise un an avant de nous acheter un microsillion !
Écrit par : L'autre vieux du Muppet Show | 17.03.2009
Ah bah ça, y a plus d'jeunesse ma brave dame...
Écrit par : Lucienne des Vamps | 17.03.2009
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