16.07.2008

Pas franchement futuriste

Il faut à mon sens toujours prendre du temps pour écouter un album : commencer par quelques écoutes puis le laisser reposer avant de revenir dessus. Cela explique pourquoi, comme pour ce troisième album des Futureheads, il me faut parfois bien du temps pour pondre un petit billet ( ça et le fait d'avoir bien trop de trucs à écouter... )

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Comme il me semble l'avoir dit en parlant d'un de leurs singles, j'avais découvert le groupe avec ses deux premiers EPs sortis chez Fantastic Plastic avec des titres courts, maladroits mais très frais, qui faisaient du groupe un des plus prometteurs du revival post-punk. Leur premier album sorti chez 679 Recordings avec ses titres très accrocheurs m'avait un peu déçu, écoute après écoute, par une propreté excessive alors que le deuxième News and Tributes, après un premier contact très mièvre, m'avait progressivement réjoui par sa diversité et sa plus grande richesse d'ambiance et de composition. Virés de leur maison de disque ( en fait un sous-label de Warner ), c'est par eux-mêmes qu'ils ont sorti leur troisième album This Is Not the World, annoncé plus rock et un retour aux sources.

Dès la première écoute, il est évident qu'on est bien en face d'un album des Futureheads avec sa rythmique et son chant assez caractéristiques, mais c'est l'absence de risque qui frappe d'abord : on a vraiment l'impression d'avoir entendu ce disque de très nombreuses fois, joué par eux et par d'autres. 12 titres relativement courts ( 39 minutes ) et raisonnablement accrocheurs mais qui semblent ne les faire ressortir en rien de la trop abondante masse de groupes cherchant à se faire une place dans ce revival post-punk. Un disque qui n'a rien de l'énergie exubérante des premiers EPs, ni des tubes imparables du premier album et encore moins de la variété du deuxième. Juste un un disque de plus, sympathique avec sa collection de bombinettes pour les dance floors indés, mais éminemment oubliable. Et rangé.

Et ressorti, pour s'apercevoir que deux mois après, on a en fait rien oublié de ces 12 titres qui font bouger les jambes sans qu'on ne s'en rende compte et qu'on arrive à les retenir. Pour se rendre en compte que l'on reprend facilement en choeur une bonne moitié des titres, chose qu'on a tendance à ne plus faire avec l'âge... Bref on ne peut que s'incliner devant le savoir-faire de bons petits artisans qui, à défaut de nous proposer de la nouvelle cuisine, nous mijotent des petits plats à l'ancienne vraiment réussis. Un album qui, s'il ne sera pas ( à raison ) tout en haut des listes de fin d'année, mérite mieux que l'indifférence polie qu'il semble souvent recevoir. Car il est bien difficile de résister à des morceaux comme ce deuxième single 'Radio Heart' :

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