07.09.2008
To infinity and beyond...
L'association du compositeur Francois-Elie Roulin ( artiste expérimental reconnu par Brian Eno et auteur de nombreux génériques et habillages publicitaires ) et de Joanna Swan, la très belle voix du assez fade duo Ilya était très excitante.
L'idée d'un concept album autour de la SF était à la fois alléchante et inquiétante.
Alors quel bilan pour ce Alien Robot Orchestra ?

Comment parler de cet album ?
Comment apprécier cet album ?
Attention, je ne sous-entends pas par cette deuxième question qu'il est impossible d'apprécier cet album au sens "porter un jugement personnel favorable/aimer" mais qu'il m'est bien difficile d'apprécier cet album dans le sens "estimer/déterminer la valeur objective" !
Evacuons donc de suite mon ressenti personnel : il y a sur cet album des morceaux que j'adore et d'autres que j'ai peine à supporter, pas en raison de leur nullité bien au contraire mais parce qu'ils ne correspondent en rien aux univers musicaux dans lesquels j'aime me plonger. C'est au point que moi qui n'utilise presque jamais les touches de changement de piste du lecteur CD ai plusieurs fois été tenté de faire disparaître certains passages. Et cela ramène à ma première question : comment parler de cet album quand son concept même nous le rend difficile d'écoute ?
"Europe, années 70 : des robots infiltrent le continent et la révélation est telle qu'ils en oublient leur mission ! Sous le charme des excès du moment, ils se laissent envoûter par cette flamboyante ère pop-rock", tel est le concept de l'album qui annonce un mélange de la folle chaleur des 70s et de la froide électronique des machines. Et en effet, quel patchwork assez jouissif de glam, pop estivale, soul, electro-pop, prog voire même d'ambient et de bien d'autres choses encore, parfois même dans un seul morceau. Ainsi 'Moving like a robot' qui sonne comme un générique Bondien qui aurait été composé par Air ou Daftpunk et chanté par une grande voix jazz voit-il surgir brusquement des guitares du début du métal...
Ainsi serait-il tentant de décrire cliniquement les morceaux les uns après les autres. Mais cela serait bien fastidieux pour le lecteur déjà arrivé à cet endroit du billet. Et inutile, puisque ce qui est important, c'est que Francois-Elie Roulin fait preuve d'une grande maîtrise de composition, jonglant avec brio entre les rythmes et les genres. Que le choix et la variété des instruments est d'une froide et parfaite logique tout en participant activement à la folie qui gagne progressivement un disque qui commence dans la douceur pour finir en feu d'artifice. Que la voix reste parfaite aussi bien dans le sussurement glacé que dans la soul la plus chaude et rythmée.
Puisqu'il faut bien conclure, affirmons donc que Alien Robot Orchestra est d'une grande qualité d'écriture, d'instrumentation et de chant mais qu'il est tout à fait possible de n'être sensible ni au concept de space opera musical, ni à l'immense variété de styles et de genres présents sur l'album. Chacun pourra cependant y trouver plusieurs morceaux qui l'enchanteront. Pour moi ce sera le magnifique 'Tripping the light fantastic', sorte de version rock dansante de groupe shoegaze comme Lush ou Slowdive...
15:14 Publié dans album français, nouveaux groupes de merde | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
wouhou !
J'ai pas encore reçu mon exemplaire, mais merci pour ta chronique très bien écrite.
Je te ferais savoir mon avis des que j'aurai rédigé ma chronique.
Écrit par : Duende | 07.09.2008
merci beaucoup de cette chronique de l'album!
Je suis content qu'il t'ai plu, meme un peu!
A tres bientot!
Écrit par : Arnold | 09.09.2008
@Duende : Tu vas me faire rougir !
@Arnold : C'est sans aucun doute un excellent disque, même si une partie n'est pas pour moi. 'Tripping the light fantastic' est définitivement dans les meilleurs morceaux que j'ai entendu cette année !
Écrit par : lyle | 10.09.2008
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