28.10.2009
Alien Police District
Placé par son beau-père à la tête de l'équipe chargée de faire signer aux extra-terrestres parqués dans un bidonville à côté de Johannesburg depuis que leur vaisseau spatial s'est retrouvé immobilisé au-dessus de la ville, leur acte d'expropriation pour une nouvelle zone d'habitation (enfin plutôt un nouveau camp de concentration...), Wikus Van De Merwe (Sharlto Copley) commence à muter avoir été aspergé d'un étrange liquide alien. Son ADN maintenant à 50% alien le rendant indispensable pour faire fonctionner les armes des ET, il doit s'échapper et se réfugier chez ces êtres qu'il méprisait auparavant pour éviter la dissection...
District 9 est exactement le genre de film que je serais allé voir le jour même de sa sortie il y a quelques années et que j'ai longtemps hésité à aller voir aujourd'hui à cause d'une critique bien trop enthousiaste et prompte à crier au génie pour un concept pourtant déjà vu. Non, Neill Blomkamp n'a rien inventé, l'idée d'aliens parqués dans une zone et victimes du racisme humain n'est pas nouveau, vu que c'est le postulat de base de Alien Nation, honnête film de SF des 80's et de ses suites, sous forme de série télé ou de direct-vidéo, beaucoup moins réussies.
Alors, qu'apporte Neill Blomkamp de si important ? D'abord une approche faux-documentaire, de plus en plus fréquente au cinéma ces temps-ci depuis le précurseur Projet Blair Witch. Ensuite une attaque frontale envers le racisme, extrêment violente, surtout venant du pays de l'Apartheid. Pourtant aucun de ces deux points n'est vraiment satisfaisant. Le mélange de faux documentaire plein d'interviews et de scènes de pur cinéma sert, sans aucun doute avec une certaine efficacité, à tenir un discours contre les manipulations médiatiques, mais semble à de nombreux moments n'être qu'un moyen de cacher les difficultés (ou le manque d'ambition cinématographique) de son réalisateur à nous montrer plusieurs points de vue dans un cadre classique. Des ellipses narratives auraient très bien pu tenir le même rôle par exemple... Quant au discours sur le racisme, il serait sans doute mieux passé si les seuls protagonistes noirs de l'histoire n'avaient été des dealers / proxénètes nigérians et si les interviewés noirs dans le reportage ne s'était pas tous montré très anti-aliens... Le seul protagoniste black positif de l'histoire étant finalement l'assistant du héros, accusé d'avoir révélé des secrets d'état pour avoir voulu faire connaître la vérité.
Non, en fait le vrai point fort du film est simplement d'être un grand film de Fantastique / SF, un film qui met le destin d'un simple individu au milieu d'évènements qui le dépassent, ce que tout grand film de genre sait faire. Les effets spéciaux et les scènes d'action sont bluffants pour un film au budget si réduit (enfin pour 2009...), les acteurs sont parfaits dans leur rôle (pour Sharlto Copley, celui d'un pauvre type affublé d'un seul coup de responsabilités trop grandes pour lui puis confronté à une situation qui le dépasse totalement, est le rôle d'une vie) et le film pose au bout du compte la seule vraie question : qu'est-ce qu'être humain ? Et c'est en perdant celle de son corps que Wikus Van De Merwe, pauvre beauf raciste et crétin, découvrira l'humanité de son âme...
Un bien beau film, dont on saura un jour si les maladresses dans la réalisation et dans la dénonciation balourde du racisme et des tares de notre société moderne étaient dues à la jeunesse de son réalisateur...
16:17 Publié dans film de merde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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