26.02.2010

Zèderies sous influence

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Un groupe hétéroclite tentant de sortir d'une tour infestée par une horde de zombies vs un ninja se rebellant contre son clan d'assassins...

Deux films reprenant tous les codes d'un genre, deux films qui, pour des raisons différentes ne fonctionnent pas comme ils devraient...

 

 

En voulant mélanger dans La Horde film de morts-vivants à la Romero et polar old-school avec dialogues à la Audiard, Yannick Dahan et Benjamin Rocher prenaient le risque d'essayer de concilier l'inconciliable. C'est malheureusement ce qui arrive, tant le côté fanboy donne un film d'horreur bien trop fidèle à ses modèles alors que les personnages voulus bigger-than-life sont tous, flics, voyous et habitants de l'immeuble, cretiner-than-life et deviennent tellement vite insupportables qu'on regrette qu'ils ne se fassent pas bouffer plus tôt. Seule la fin où, Ouessem (Jean-Pierre Martins) se sacrifie seul sur une voiture au milieu d'une marée de zombies pour permettre à Aurore (Claude Perron), Adewale (Eriq Ebouaney) et René (Yves Pignot) de s'échapper en massacrant du monstre dans les couloirs façon jeux vidéos, apporte quelque chose d'un peu nouveau et excitant...

 

On accordera à nos deux réalisateurs une vraie passion pour le genre, sans doute en partie responsable du côté trop respectueux, qui permet d'obtenir un film honnête et qui se regarde sans déplaisir et on leur recommandera de se lâcher davantage la prochaine fois tout en évitant de donner un sous-texte politique et social si c'est pour le faire d'une façon si maladroite (n'est pas Romero qui veut) que cela évoquerait presque Banlieue 13...

 

Aucune excuse en revanche pour un Ninja Assassin qui pue la tentative de faire du fric sur un cinéma que l'on ne comprend pas. Mais est-ce une surprise pour une production Joel Silver réalisée par le petit protégé des Wachowsky (d'ailleurs eux aussi producteurs), James McTeigue, qui avait déjà massacré V For Vendetta ? Après une intro assez jouissive où un clan de Yakuza se fait découper en petits morceaux, le film nous présente en parallèle la formation puis la rebellion de Raizo (Rain qui fait membre de Boys Band avec des maquillages ratés de cicatrices partout) et l'enquête de Mika (Naomie Harris) qui doit encore se demander ce qu'elle fout là. Une fois ce looooooong passage terminé (et on aura rarement vu des acteurs asiatiques surjouer de façon aussi caricaturale), place à de l'action synthétique et frénétique quasi non-stop, souvent peu lisible et toujours ridicule.

 

En voulant montrer tout, à coup d'armes, de cascades et de démembrements en images de synthèse, Ninja Assassin montre qu'il n'a rien compris aux films de sabre traditionnels auxquels il se réfère et présente un spectacle pour américains bouffeurs de pop-corn de très mauvais goût dont la connerie laisse pantois. Heureusement les bons bidasses américains finiront par massacrer tous ces méchants assassins ninjas et Raizo tuera son maître (mais sans emballer la fille hein, faudrait quand même pas pousser mémère dans les orties)... A éviter pour ne pas vomir.

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