04/05/2012

Le vendredi c'est vieillerie aussi (X)

Faith est sans doute l'album que j'ai le plus écouté dans ma vie. Et si je ne l'écoute plus tous les jours comme l'adolescent gai et festif que je fus autrefois, il est sans doute l'unique album de cette époque de ma vie que je ressort encore régulièrement, plusieurs fois par an, soit nettement plus que les autres albums de The Cure, pourtant un de mes groupes préférés de tous les temps.

 

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Et le pire reste que je suis bien en peine d'exprimer pourquoi plus celui là que Seventeen Seconds ou Pornography... La capacité à créer la tension à partir de rien (voire l'introduction de 'Other Voices') et de ne faire ensuite que renforcer le sentiment de malaise ? L'immense variété dans les univers sombres, glauques et plombants ('Primary', 'Doubt' ou 'All cats are grey' sont des titres étonnamment différents) ? La déséspérance ultime de morceaux comme 'The Funeral Party' ou 'The Drowning Man' ?  Le chant de Robert Smith, moins maladroit qu'auparavant mais excessivement ex(dé?)pressif et pas encore caricatural ?

 

Ou peut-être tout simplement 'Faith', pour moi le titre emblématique du groupe, avec son intro qui semble ne jamais devoir finir, sa voix venue d'outre... d'outre quoi d'ailleurs... tombe, enfer, espoir ?, cette incroyable sensation de se sentir couler encore et encore et encore qui vous fait réappuyer sur play une fois les six grosses minutes passées... Reste qu'alors que les 80's et le post-punk (The Cure compris) ont été méthodiquement pillées ces dernières années par d'innombrables combos en mal d'inspiration, aucun n'a osé, n'a voulu ou n'a pu, s'aventurer sur ces chemins aussi extrêmes et décharnés, peut-être bien parce que, contrairement à Joy Division (exemple pas tout à fait au hasard, vu le nombre de copies non-officielles...), il parait impossible de transformer ce son, cette rythmique, cette ambiance, en quelque chose d'attirant.

 

Pour être honnête, les bonus de l'édition Deluxe sont comme pour les autres albums du groupe ainsi réédités parfaitement dispensables pour le non fan absolu. La B.O Carnage Visors autrefois disponible sur la cassette de l'album est intéressante par petits boûts mais un peu saoulante sur la longueur. Les démos, outtakes et autres versions live souffrent (souvent, mais la version live tribale de 'All cats are grey' est fascinante) de la comparaison avec l'album original mais font de passionnants témoignages. Quand à 'Charlotte Sometimes', on le trouve ailleurs... Reste que pouvoir profiter du sublime 'Faith' version live rallongée à l'envie, autrefois disponible sur un 12" qu'on a perdu (et dont la version qu'on avait enregistré sur une cassette est devenue inaudible), n'a pas de prix !

 

Faith reste sans doute l'album le plus personnel de son auteur (Fat Bob), un disque totalement sans compromis, et que l'on pourra, ou pas, s'approprier totalement. J'ai fait mon choix depuis longtemps...

 

Label : Fiction

Année de sortie : 1981 (2005)

Nombre de morceaux : 8 (+ 1 + 15)

Durée : 37:12 (+27:51 + 70:10)

 

Morceau préféré : 'Faith' (what else ?)

Bilan : TOP DU TOP

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