20.02.2012
Le lundi c'est vieillerie (II)
J'ai toujours tellement aimé les underdogs qu'aucun des "grands" groupes de Britpop n'a trouvé grâce à mes yeux : ni Oasis, ni Blur, ni Suede, ni Pulp... A la place, j'écoutais des groupes dont le succès fut limité et bref, mais qui furent beaucoup moqués par la suite (Echobelly, Salad...) ainsi que des losers pas franchement magnifiques et totalement oubliés (à raison ?) de toute personne de goût (Bawl, Perfume, Elcka...).

C'est dans la première catégorie qu'il faut ranger Marion, dont la carrière ne semble avoir été qu'une longue suite de désillusions : addiction de son chanteur Jaime Harding, abandon de la maison de disque pour la sortie du deuxième album, reformation prometteuse stoppée par de graves problèmes de santé pour Jaime... Pourtant This World and Body trouve sans problème sa place parmi mes dix albums préférés et reste, si on en croit les forums, un album cher à une grosse poignée de fans.
Mais qu'y trouve-t-on donc dans cet album ? Eh bien, des riffs déjà, et des guitares bien puissantes qui tiennent plus du power-rock que de la britpop (on est pas si loin par moment de leurs quasi-contemporains Three Colours Red) qui laissent sceptiques sur l'appellation qui a pu leur être donnée (comme à 18 259 autres combos depuis 20 ans) de nouveaux Smiths, adoubés même par Morrissey (dans l'industrie musicale on appelle ça le "baiser de la mort") et Johnny Marr, qui produira même leur deuxième opus The Program.
Un chant d'une morgue inégalée. Pas la morgue gouailleuse et populo d'un Liam Gallagher, non, la certitude hautaine d'être au dessus de la masse. Une façon d'asséner son texte avec une assurance totale et une brutale certitude. Des mélodies imparables qui font de chacun des 12 titres présents un tube imparable, épique et lyrique à mettre la honte au meilleur de Muse. Et même une intro à l'harmonica que j'adore, sur 'Sleep'. Par bien des côtés, la musique de Marion, qui évoque aussi bien les Cure période Wish que le rock énergique de Veruca Salt tout en gardant toujours un côté pop très britannique, aurait dû cartonner, en particulier aux USA.
Ils sont de re-retour depuis la fin d'année 2011. Que va-t-il leur arriver cette fois ? Le succès, enfin ? Difficile d'y croire, mais moi je ne cesserai jamais d'écouter This World and Body encore et encore...
Label : London
Année de sortie : 1996
Nombre de morceaux : 12
Durée : 43:32
Morceau préféré : 'Sleep'
Bilan : TOP DU TOP
Vidéo de 'Sleep' en live
Vidéo de 'Toys for Boys'
The Marion Archives avec plein de trucs à télécharger
17:44 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.02.2012
Le lundi c'est vieillerie (I)
Celui qui écouterait El Toppo sans rien savoir de ses auteurs (mais par quel hasard serait-il tombé dessus ?) serait sans doute bien surpris d'apprendre que les Llama Farmers furent considérés comme un groupe grunge. Car si on est bien ici face à une musique avec des influences américaines, c'est plutôt à un mélange de college rock et d'americana que l'on pense.

Du coup, vu qu'il n'y a plus d'ailes à rogner, la production de Clive Martin fait moins de mal que sur Dead Letter Chorus : les mélodies sont plutôt bien mises en valeur et se retiennent facilement alors que la voix de Bernie Simpson a gagné en maturité et en profondeur, donnant un côté plus mâle et écorché vif, ce qui nous donne un agréable album d'indie pop/rock convenu mais efficace. Le genre de truc qu'on aurait bien imaginé passer sur des radios FM. Reste que les rares fois où les guitares cherchent à s'envoler, elles ne vont pas bien loin...
Les différentes faces B des singles (il y en eut trois, 'Snow White', 'Note on the door' et 'Same song / Movie', les deux premiers étant plutôt bien choisis) sont dans l'ensemble assez moyennes (le fait que ce deuxième album soit arrivé si vite après le premier ?) et confirment l'orientation de plus en plus folk ('Little Bugs', 'Seven Twists Clockwise', 'Wez') même si les basiques 'Certain Square' et 'Reflector' sont un peu plus nerveux et c'est finalement l'excellente XFM Session de 'Postcards and Moonrock' (pas une suprise en regardant plus bas) qui a ma préférence.
Label : Beggars Banquet
Année de sortie : 2000
Nombre de morceaux : 12
Durée : 42:31
Morceau préféré : 'Postcards and Moonrock'
Bilan : BON
Video de 'Snow White' sans doute le titre le plus rock
Vidéo de 'Note on the door'
12:00 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.11.2011
...Lama toujours faire ça !
Exemple classique d'album ayant déçu les fans de la première heure sans réussir à en convaincre de nouveaux, Dead Letter Chorus pose question. A-t-on eu affaire à un vieillissement accéléré du groupe, à un désir du label de proposer un produit plus "grand public", à un changement de producteur malencontreux ou à un peu des trois ?

On collerait bien le côté à la fois boursouflé, bourrin, poli et manquant de variété à Clive Martin (Queen, Dolly, Silmarils, Wampas, Superbus... oui, quand même !) qui se retrouve aux manettes à la place d'un Julian Standen qui à la fin des 90's produisait bon nombre de premiers singles de jeunes groupes noisy (sans doute sur la seul foi de son travail sur le 'Mrs Robinson' des Lemonheads) comme Cay, Symposium, Gel, China Drum... Le côté gras ajouté au côté parfois un peu grunge light des LLama Farmers donne un côté peu digeste à la chose alors que la quasi-disparition des ruptures et l'homogénéisation des rythmes ('Yellow' va maintenant aussi vite que ses petits camarades de galette) affadit l'ensemble
Pourtant les bonnes chansons sont là, les quatre titres déjà présents sur les deux sorties de chez Fierce Panda mais aussi 'Pornoco', 'Kill Will' et les deux singles 'Get the keys and go' et 'Big Wheels', bref presque tous les morceaux en fait. Mais les dents (de lait) de nos lamas semblent avoir été limées et l'album s'écoule trop gentiment, trop proprement et dans un tel sentiment d'écouter toujours la même chose qu'il est impossible de s'enthousiasmer... Et c'est finalement dans les faces B des trois singles ('Yellow' étant lui aussi eu droit à une sortie dans le format court) que l'on retrouve le groupe qu'on avait apprécié : le nerveux 'We've gone wrong' (tu m'étonnes !), la ballade rêveuse 'Multi-Coloured Curtains', le poppy 'Weighless', le punky 'Ice Lungs' avec sa batterie en furie... montrent un groupe bien plus talentueux, varié et ambitieux que l'album ne le laisse penser. Dommage !
Label : Beggars Banquet
Année de sortie : 1999
Nombre de morceaux : 13
Durée : 42:31
Morceau préféré : 'Get the keys and go'
Bilan : SYMPA
"Vidéo" de 'Big Wheels'
Vidéo de 'Get the keys and go'
22:18 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.10.2011
Billet en apnée
Bien, n'ayant déjà pas le temps de parler de toutes nouveautés qui retiennent mon attention sur DLMDS et encore moins la capacité de me contraindre à écouter mes disques dans l'ordre alphabétique pour tenir mon challenge ABC, il fallait trouver un nouveau sens à la vie de jécoutedelamusiquedemerde. Et quoi de mieux pour lui permettre de mériter de nouveau son nom que d'essayer de ressortir régulièrement (2/3 fois par semaine, quoi) un bon vieux truc oublié (sur mes étagères et par tout le monde...). Et promis, ce coup-ci, je vais essayer de m'y tenir (qui a dit "promesse d'ivrogne" ?).

On commence par Chalk Circle, le seul album de Subaqwa, dont les plus sarcastiques diront que pour pouvoir mérité le titre d'album oublié, il faudrait déjà que quelqu'un en est entendu parler. Et ils n'auront pas forcément tort, le quintet de Birmingham n'ayant certes pas marqué l'histoire du rock, ni la grande, ni la petite... Il faut dire qu'en 1999, la perfide Albion, n'était sans doute par prête à célébrer un groupe dont les principales influences semblent être R.E.M et Talk Talk (deux de ces groupes, avec entre autres Pavement et Sonic Youth que je n'ai jamais réussi à vraiment apprécier alors que j'adore des tas de combos qu'ils ont influencé), pas franchement les trucs les plus branchés à ce moment-là (oui euphémisme...).
Chalk Circle un de ces disques qui sue la mélancolie par chaque note, du chant doucement éraillé de Justin Wiggan (apparemment devenu artiste expérimental) aux plages de guitare old-school. Qui multiplie les ballades pop rêveuses, flirtant parfois avec l'americana et ne quittant qu'exceptionnellement un rythme alangui et une ambiance nostalgique pour oser un peu monter le son. Pas un grand disque certes et il y en a sûrement eu des centaines de publiés naviguant dans les mêmes eaux depuis deux décennies, mais douze ans après sa sortie, il s'écoute toujours avec plaisir...
Label : Faith & Hope
Année de sortie : 1999
Nombre de morceaux : 12
Durée : 44:00
Morceau préféré : 'Let It Go'
Bilan : BON
21:11 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.07.2011
J'écoute toujours de la musique de merde...
Plus de trois semaines sans donner de nouvelles (mais vous croyez quoi ? Que les vacances c'est des vacances ? En plus il faut gérer dlmds qui manque de rédacteurs (mais qu'attendez-vous pour postuler ?)) et tout ça pour vous parler de... InMe ! Qui ça diront les bienheureux n'ayant jamais entendu parler du groupe de Brentwood. Mon dieu diront sans doute les autres... Et en plus c'est pour évoquer un Best Of...

J'avais découvert InMe sur une compilation gratuite envoyée (oui, à l'époque on vous envoyait un vrai CD dans votre vrai BAL, incroyable non ?) par le label / webzine Organ et où aucun autre groupe ne m'a laissé un souvenir à par les trop vite disparus The Junket et Ciccone. Et je n'ai jamais compris :
1. pourquoi le groupe a souvent été source de moquerie dans son pays malgré un succès fort honorable pour un groupe de ce genre
2. pourquoi il est resté totalement inconnu dans nos vertes contrées.
Pour le 1., j'aurais bien une réponse, qui vaut ce qu'elle vaut, soit le fait que le chanteur du groupe semblait plaire au public féminin (ça a aussi couté cher aux Stereophonics par exemple, du moins d'un point de vue critique), l'autre possibilité étant que le groupe était trop mou pour les fans de métal et trop brutal pour les indie kids. Pour le 2. on mettra ça sur le dos d'un label vite disparu et d'un genre, le indie-grunge-métal pas forcément en phase avec le public français.
Bon, et cette compilation ? Eh bien elle comprend 15 titres répartis en trois morceaux tirés de chacun des quatre albums du groupes (dont on est pas trop sûr de comprendre comment ils ont été choisi exactement, vu que certains n'ont rien de "best") et trois inédits 'Bury me death beneath your skin', 'Thanks for believing me' et 'Saccharine Arcadia'. Et deux conclusions s'imposent : 1. le groupe fait la même chose depuis 10 ans soit 80% de brulots pop/métal avec beuglements BCBG suraigus, riffs gras et passages à hurler en choeur etv 20% de ballades pop/métal avec beuglements BCBG... 2. il n'a jamais réussi à faire mieux que ses premiers singles, présents ici, 'Underdose', 'Firefly' et 'Crushed like fruit' qui semblent avoir servi de modèle à tout le reste de leur discographie. Reste qu'à l'exemple d'un 'Single of the weak' (c'est pas beau de copier les vannes d'American Hi-Fi) ce qu'on ne peut que qualifier de power-metal se consomme avec délectation si on n'est pas totalement rétif à ce genre de choses...
Label : Graphite
Année de sortie : 2010
Nombre de morceaux : 15
Durée : 62:26
Morceau préféré : 'Firefly'
Bilan : BON
18:59 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.06.2011
Arrivera-t-il à se faire un nom ?
Ou comment tout faire pour être sûr que l'on ne parlera pas de vous. Non, parce qu'avoir été le bassiste de Symposium ne risque pas de suffire (d'autant qu'il s'est écoulé 9 ans entre la fin du groupe et l'arrivée de cet album) pour mettre votre nom imprononçable sur toutes les lèvres... Mais bon, intéressons nous donc plutôt à ce premier opus de Wojtek Godzisz paru il y a déjà presque deux ans.

La pochette est trompeuse, il ne s'agit ici pas de folk boisé ou de hippie sur le retour. Enfin, pas vraiment. Ou pas tout le temps. Et c'est bien le poblème principal de ce premier album qui ne sait jamais trop où il va, hésitant entre singer/songwriter traditionnel et indie-rock un peu noisy... traditionnel. Les instruments et les invités se multiplient, les chansons font preuve d'un indéniable savoir faire et sont régulièrement franchement bien foutues, mais on ne sait jamais trop où le mec veut aller. Et comme le chant est un peu limite, difficile de s'enthousiasmer pour un disque honorable mais dépourvu de toute étincelle.
Label : Tiger Trap
Année de sortie : 2009
Nombre de morceaux : 11
Durée : 40:14
Morceau préféré : 'The Book of the Law'
Bilan : SYMPA
12:59 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.05.2011
Les insectes sont nos amis...
Parmi tous les groupes du revival shoegaze, Insect Guide est sans doute un des plus intéressants, vu qu'il ne contente pas d'aligner les murs de guitares et d'abuser de formules crées peut-être bien avant la naissance de ses membres.

Le combo de Leeds multiplie ainsi les ambiances, tantôt vaporeuses, tantôt beaucoup plus noisy et parsème Dark Days & Nights de passages psyché, dreamy voire carrément pop. Ca s'écoute avec plaisir, c'est frais et plutôt léger, avec une voix propre à vous mettre d'humeur rêveuse. Plutôt un peu trop léger même, son prédécesseur 6ft in love proposait quand même nettement plus d'idées et de substance. Mais ça reste néanmoins fort recommandable...
Label : Squirrel
Année de sortie : 2010
Nombre de morceaux : 10
Durée : 29:37
Morceau préféré : 'Dark Days & Nights'
Bilan : BON
17:03 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.04.2011
En haut de la montagne
What's There To Write About? nous disent les Crooked Mountain, Crooked Sea en titre de leur premier album. Et je serais bien tenté de leur répondre « et oui, que vais-je bien pouvoir écrire? ». Non pas qu'il n'y ait rien à écrire sur ce disque, non simplement, qu'écrire de plus que ce que Thomas a raconté en d'autres lieux. Déjà qu'il n'y a rien de plus difficile que de chroniquer un album de hardcore (quoi ? Si ? Chroniquer un disque d'ambient sans utiliser les adjectifs planant, hypnotique, envoutant, atmosphérique... Ok pas faux...) alors passer après notre maître à tous... Mais on va quand même essayer de vous donner envie d'aller écouter un disque que vous pouvez télécharger pour par un rond par ici.

Il y a d'abord cette façon d'éructer comme si sa vie en dépendait tout en gardant un côté délicieusement audible et touchant. Ensuite cette musique partant dans tous les sens sans aucun souci des codes ou conventions du genre auquel elle appartient. La rythmique peut bifurquer d'un seul coup vers le post-punk (un ou deux passages font penser à du Cure épileptique) voire vers le maths rock tandis que les guitares fusent de riffs incendiaires d'une rare violence. Et puis il y a cette authenticité, cette brutalité, cette crudité qui fait qu'on a l'impression que le groupe est en train de jouer à côté : c'est imparfait, direct, parfois légèrement maladroit mais d'un naturel et d'une spontanéité rares. Bref, à moins d'être allergique à toute musique un peu bruitiste, foncez vous le procurer maintenant !
Label : ?
Année de sortie : 2011
Nombre de morceaux : 10
Durée : 28:59
Morceau préféré : 'Second Guessing From An Armchair'
Bilan : EXCELLENT
21:49 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.04.2011
Un chemin pour Toulouse ?
Trop de disques ! Il y a bien trop de disques qui sortent. Tellement que nombreux sont ceux qui passent totalement inaperçu. Tenez par exemple Send For The Sea de Viarosa. J'avais beaucoup aimé leur premier album Where The Killers Run et je n'ai jamais su qu'un deuxième était sorti (il m'aura fallu plus de deux ans pour m'en apercevoir) : rien sur les blogs francophones ; à peine plus sur les blogs et sites anglo-saxons... une misère ! Alors pourquoi ?

Un genre peu populaire en ce moment ? Pas vraiment, on est en présence d'americana tendance folk crépusculaire avec une pointe de blues quand il faut. Du genre qui prend aux tripes avec sa noirceur, son chant bien mâle, rauque et pesant. On pense à Nick Drake, Nick Cave, Will Oldham voire Johnny Cash, Woven Hand ou Cousteau (remember them ?). Et si Josh T. Pearson ou Timber Timbre arrivent à envahir le net, il n'y a aucune raison que Viarosa n'y arrive pas.
Un disque mauvais ou juste banal alors ? Pas du tout, Send For The Sea n'est aucunement une copie de qui-que-ce-soit et trace tranquillement son propre sillon dans un style fertile en belles moissons. Il y a là des arrangements somptueux, de grands moments de tension comme de répit et même une jolie petite voix féminine pour apaiser tout ça.
Alors ?
Juste un de ces disques dont on n'a pas parlé parce qu'il y en avait tant d'autres mis en avant, bons comme mauvais. Mais il est toujours temps de le découvrir, il en vaut sacrément la peine.
Label : Pronoia
Année de sortie : 2008
Nombre de morceaux : 12
Durée : 53:47
Morceau préféré : 'Cruel Pull Of The Stars'
Bilan : EXCELLENT
14:00 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.04.2011
Est-ce que le Robin nait cool ?
Après le côté pile, timide et intimiste, voici le côté face, sauvage et électrique, de Robin Adams. Bon, ne vous excitez pas trop vite, hein, c'est pas du death metal non plus... Mais écouté à la suite de Be Gone, Robin Adams' Train Crash Choir surprend quand même, et plus qu'un peu.

On vous épargnera pour cette fois l'étude de la pochette (mais c'est juste parce que rien ne me venait sur Alice ou Donnie Darko, vous pensez bien) pour se concentrer sur la musique. Et en une demi-heure chrono, Robin / Hyde balance dix tubes pop-rock, teintés, ici d'une pointe de garage, là d'une bonne louche de psyché, dont l'absence sur les ondes du monde entier ne peut s'expliquer que par la surdité des programmateurs radio (ou plus vraisemblablement par la confidentialité du label).
Des morceaux immédiats, gentiment rythmés, impeccablement écrits et chantés sur un mode beaucoup plus mâle que ceux de Be Gone. On s'imagine facilement à la fin des 60's ou au début des 70's. On pense parfois aussi à des gens comme BRMC ou les Dandy Warhols mais en beaucoup plus direct et sans les oripeaux sonores. Une musique légèrement surannée mais jamais nostalgique. Intemporelle, légère et juste un peu mélancolique par moment.
Alors que ce soit dans sa version Jekyll ou sa version Hyde, la seule certitude c'est que Robin Adams vient de rentrer dans le clan des singers/songwriters qui comptent. Souhaitons lui maintenant le succès qu'il mérite.
Label : Red Dog Eye
Année de sortie : 2011
Nombre de morceaux : 10
Durée : 30:11
Morceau préféré : 'Double Vision' (mais le choix est TRES difficile)
Bilan : EXCELLENT
11:23 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.04.2011
Dans la famille Adams, je voudrais Robin...
Première face d'un diptyque (la suite demain) dont on a un peu de mal à saisir la raison (les deux disques sont certes différents, mais un double album aurait pu jouer le même rôle de séparation entre les deux), Be Gone est un de ces disques dont la pochette dit à la fois tout et rien (vous êtes bien avancés, avouez-le...).

Une silhouette seule, toute petite devant un paysage : c'est finalement une parfaite représentation (et très classique en plus) du folkeux adepte d'une musique un peu roots et très dépouillée. Il est au milieu de la route, un vaste espace semble s'ouvrir devant lui : celui des myriades de possibilités offertes à un type seul avec sa guitare. En tout cas il sort du bois (le joli folk boisé très traditionnel de Down to Reverie) mais pour aller où ?
Le noir et blanc est trompeur : Robin Adams ne sort pas de l'obscurité, son premier album étant finalement assez léger et rêveur, pour aller dans la lumière. Ce n'est pas non plus le contraire (après tout cette silhouette vient peut-être vers nous), Be Gone n'etant pas malgré son titre un album particulièrement sombre. C'est un disque honnête, assez cru parfois, très introspectif et à l'orchestration minimaliste. Un disque pas dépourvu de couleur et de chaleur, avec son jeu de guitare inspiré et son chant tout en nuance, qui me fait penser en même temps et assez curieusement à Mark Aston l'ex-Addict et Andy Yorke l'ex-Unbelievable Truth.
Be Gone est un superbe album d'un artiste qui semble mettre sa timidité, son introspection à nu et dont Thomas parle tellement mieux que moi... Alors laissez vous toucher !
Label : Red Dog Eye
Année de sortie : 2011
Nombre de morceaux : 10
Durée : 32:07
Morceau préféré : 'One'
Bilan : EXCELLENT
18:33 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.01.2011
Ca ne se refuse pas !
Quand l'ex-Hefner Darren Hayman décide de se lancer dans le projet fou d'enregistrer une chanson par jour pendant le mois de janvier, seul ou avec quelques amis triés sur le volet (Gordon de Balboy, the Wave Pictures, The Hillfields...), on ne peut qu'applaudir et aller chaque jour par ici télécharger ce nouveau titre gracieusement offert pendant un jour ou deux avant d'être mis sur bandcamp. Et comme je suis un vieux fan, j'essaierais de compléter quotidiennement ce billet avec un petit mot sur le nouveau morceau...

1er jour 'It was over' : sujet traditionnel pour Darren avec des souvenirs d'une ex sur une ballade légèrement reggae rappelant les B-sides de la grande époque. Un excellent début !
10:25 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.12.2010
Les daubes de l'année : The Vaselines
Bon, on ne va pas vous refaire le sketch des Inconnus mais les reformations de groupe, c'est comme les chasseurs... Autrement dit, il n'y en a pas de bonnes... sauf parfois quand la reformation tient plutôt de la réactivation du projet par un leader qui l'avait toujours gardé en lui (comme Swans quoi !).

Mais pouvait-on réellement attendre quelque chose du retour des Vaselines dont l'unique album, maintes fois réédité sur le seul fait que le défunt Kurt estimait hautement le groupe, aurait justement dû le rester, unique, tant son côté pop foutraque adolescent très ancré dans son époque ne pouvait avoir aucun sens repris en 2010, quand, dans leurs "carrières" solo respectives, ses deux auteurs Eugene Kelly et Frances McKee (auteur d'un très bon disque il y a 10 ans avec Suckle et d'un superbe album solo malheureusement passé quasiment inaperçu il y a 4 ans), ont prouvé avoir évolué à mille lieux de cette extraordinaire pochade musicale que fut The Vaselines ?
Bien sûr que non, et Sex with an X (rien que le titre...) a tout par moment de ce à quoi ressemblerait un couple de bientôt cinquantenaires décidant de s'habiller et de se comporter comme un couple de lycéens : on rit bien deux minutes, avant d'éprouver une certaine gêne susceptible de se transformer en honte, en mépris ou en dégoût. Alors voilà, est-on juste devenu un vieux cynique envieux de cette capacité à retrouver ses jeunes années ou... un vieux cynique persuadé qu'ayant vu débouler des groupes leur devant beaucoup (n'est-ce-pas les POBPAH ?), nos deux vieux compères ont estimé qu'une vraie reformation serait plus rentable que les quelques concerts occasionnels dont ils gratifiaient de temps en temps leur public ?
Parce qu'il est objectivement pas si mauvais ce disque. Les chansons tiennent correctement la route malgré des textes franchement risibles, quel que soit le degré où on les lit, ce qui est quand même le moins qu'on puisse espérer de deux musiciens ayant largement fait la preuve de leurs compétences. Mais tant de groupes influencés par la période Twee / C86 nous ont offert mieux ces dernières années (et rien qu'en 2010...) et ce Sex with an X souffre tellement de la comparaison avec son prédécesseur (dont Thomas vous causait ici) qu'il vaut sans doute mieux l'oublier et espérer que, après ce retour de flamme sincère ou mercantile, Eugene et Frances nous proposeront bientôt de nouveaux projets à la hauteur de leurs talents.
Label : Subpop
Année de sortie : 2010
Nombre de morceaux : 12
Durée : 42:16
Morceau préféré : 'I hate the 80's' (il est bon de rire parfois...)
Bilan : BOF
15:03 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.12.2010
Les daubes de l'année : British Sea Power
Dire qu'il n'y a pas si longtemps British Sea Power faisait partie des plus sûrs espoirs de la scène britannique... Le temps de quelques singles brillantissimes et de faces B qui ne l'étaient pas moins (aaahhh, 'Spirit of St. Louis'...), bientôt suivis par un album qui mérite sans conteste sa place dans le top de la décennie mais dont le titre allait finalement s'avérer prophétique. Car si Open Season offrait encore de très bons moments, Do you like rock music s'avéra décevant et nous éviterons de parler de la parenthèse Man of Aran. Ce Zeus EP annonciateur d'un quatrième album pour le début 2011 dont la réussite pourrait bien conditionner la suite de l'aventure BSP était donc attendu avec autant d'espoirs que de craintes. Mais impossible de s'attendre à ça...

Ca, c'est une suite de morceaux aussi longuets (42 minutes pour 8 titres, tu parles d'un EP !) qu'inutiles et dans lesquels on ne retrouve qu'occasionnellement la capacité du groupe à enfiler les perles de pop aussi psyché que décalée. Ainsi le morceau titre aurait-il mérité d'être éditer de moitié pour être efficace alors qu'il est impossible de comprendre comment un jam comme 'can we do it ?' est sorti du tiroir « chutes de studio » ? La ballade 'Bear' ressemble juste à un hommage maladroit de fans tandis qu'on a bien du mal à croire qu'on ne se fout pas de notre gueule en nous vendant un 'Pardon My Friends' grotesque. Et on jettera un voile pudique sur un 'Mongk' qu'on préfèrera oublier (pour l'ambulance, c'est trop tard...). Expérimenter, c'est bien, les gars, mais on n'est pas obligé de tout entendre...
Si je n'ai jamais compris pourquoi British Sea Power n'avait pas réussi à l'époque à conquérir un public plus large, il est difficile de croire après une telle sortie de route qu'il va pouvoir repartir. Continuons néanmoins à espérer que l'album à venir sera autrement plus écoutable (ça ne devrait pas être difficile) que cette bouillie infâme.
Label : Rough Trade
Année de sortie : 2010
Nombre de morceaux : 8
Durée : 42:42
Morceau préféré : 'Zeus ' le seul supportable avec certains passages du morceau "caché"
Bilan : MERDE
09:47 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.12.2010
Les daubes de l'année : Tired Pony
Youpi, c'est les vacances !
L'occasion de redonner un peu de vie à jécoute, de reprendre un peu les fights, de vous faire éviter les daubes de l'année et peut-être même d'ouvrir un nouveau blog (la coolbeanite me guette). Et rien de telle qu'une immonde bouse pour commencer les vacances...

Si un supergroupe composé de quatre musiciens allant d'intéressants à mythiques (n'ayons pas peur des mots) n'est pas fichu de faire un album écoutable (je pense à Freebass, là...), que pouvait-on espérer d'un disque regroupant Gary Lightbody (chanteur de Snow Patrol pour les bienheureux qui l'ignoreraient), Iain Archer (qui a eu le bon goût de quitter Snow Patrol avant que ça ne devienne insupportable et le mauvais de nous offrir une discographie solo pour le moins faiblarde), Richard Colburn (batteur de Belle & Sebastian, ce qui veut tout dire), Jacknife Lee (ex-punk compulsif qui s'est réinventé en artiste electronicaca et producteur à la mode) et... Peter Buck (qui est sûrement juste venu en toucher quelques uns) ? Un bon disque ? Il faut pas déconner non plus... On m'objectera que le Lightbody s'était déjà permis un supergroupe ayant fourni deux très bons albums avec The Reindeer Section mais il faut croire qu'il est plus facile de faire de la bonne musique avec des membres d'Idlewild, d'Astrid, d'Arab Strap et de Teenage Fanclub (entre autres) qu'avec Zooey Deschanel et Tom Smith...
Alors il paraitrait que ce projet est né de la passion du gars Gary pour la country. Et bien ça ne s'entend pas... A moins qu'il confonde country avec pop-folk pour RTL2 ce qui n'est pas impossible. On a donc le droit à tout un panel de trucs plus indigestes les uns que les autres, du morceau pseudo-roots qui croit qu'un banjo suffit pour donner l'ambiance ('Point me at lost islands') à la ballade Rock FM très 80's ('Get on the road'), le tout interprété avec la ferme conviction d'être un Bruce Springsteen écossais (commence d'abord par avoir du poil aux c*** on dirait par chez moi). Du coup on serait presque soulagé quand c'est Tom Smith qui chante sur un 'The Good Book' presque supportable par rapport au reste. Tout ce "beau monde" (je vous fais grâce de la très longue liste des invités) pour ça ! Et puis on regarde la pochette. Tired Pony... ça voulait tout dire comme nom... Et The Place We Ran From était sans nul doute l'endroit où l'on vend un tel objet. Que l'on vous conseillera donc de fuir au plus vite à moins de vouloir faire un cadeau à Mémé et de vous faire deshériter.
Label : Fiction (quelle déchéance !)
Année de sortie : 2010
Nombre de morceaux : 10
Durée : beaucoup trop
Morceau préféré : faut pas déconner non plus
Bilan : MERDE
10:44 Publié dans album britannique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


