24.02.2009

Pour une bonne nouvelle...

Bizarre comme en vacances on a moins le temps d'écouter de la musique et d'écrire des billets que quand on travaille...

La bonne nouvelle c'est que Orion Rigel Dommisse ( mon album de 2007 ! ) est en studio ( donc on peut espérer un album pour bientôt ) et qu'en plus on peut l'entendre faire les backing vocals de Alec K Redfearn and the Seizures !

Youpi !!!

31.01.2009

Etre ou ne pas être expérimental

Encore un projet parallèle d'un des membres d'Espers. Mais il faut dire que la violoncelliste Helena Espvall n'en est pas à sa première collaboration et l'idée d'un disque avec Masaki Batoh de Ghost ( lui non plus pas étranger aux collaborations, entre autres avec Damon & Naomi ) était assez excitante...

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Après un court instrumental un peu dissonnant et très musique de film, on est d'abord frappé par l'extrême classicisme de bon nombre de morceaux, ce qui n'est guère surprenant vu que la moitié des titres sont des réinterprétations de chansons scandinaves folk traditionnelles. On a ainsi droit à des titres folk d'influence médiévale ( 'Kristallen Den Fina' ou 'Bicinium' ) voire dark folk ( 'Uti Var Hage' ) tout juste actualisés par quelques effets de violoncelle ou de guitare. Tout cela est fort bien fait et s'écoute avec un certain plaisir mais la voix assez banale d'Helena Espvall ne permet guère de transcender l'ensemble...

On ne peut malheureusement guère en dire autant ni de la reprise du 'Death Letter' de Son House musicalement désagréable et peu avantagée par le chant faiblard de Masaki Batoh, ni de 'Zeranium' médiocre ballade commune ( là encore le chant de Masaki Batoh se révèle insuffisant ), ni des différents morceaux instrumentaux libres qu'ils soient courts et oubliables ( 'Beneath Halo' ) ou longs et prétentieux ( 'Kyklopes' )...

Au final, voilà un album plutôt agréable mais décevant et sans réel intérêt tant il se disperse dans d'innombrables directions sans réelle cohérence ou proposition vraiment nouvelle. Et on a parfois l'impression d'entendre un petit boeuf entre amis plus qu'un véritable disque...

Label : Drag City
Année de sortie : 2008
Nombre de morceaux : 12
Durée : 52:38

Morceau préféré : 'Jag Vet En Dejlig Rosa'
Bilan : SYMPA

16.01.2009

Le vendredi, c'est vieillerie ( 10 )

Après avoir vu Marissa Nadler au Presbytère St Eustache hier ( billet un de ces jours, ici ou ailleurs ), difficile de revenir sur terre et de poster un billet sur une vieillerie qu'il aurait sans doute été mieux d'oublier.

Seul ce titre que Marissa a repris sur une compilation à paraître un de ces jours, me parait digne d'être posté ce jour.

Judee Sill - 'The Kiss'

03.12.2008

Nau limit

L'Internationale folk continue de frapper avec Nukkuu le deuxième album de Lau Nau. Mais sommes nous juste en face d'un album un peu dépaysant ou d'un vrai grand disque ?

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Il faut dire qu'entre folk européen et musiques traditionnelles nordiques ou asiatiques, les premières écoutes sont vraiment très agréables et rafraichissantes. Le chant en finnois, l'orchestration à la fois très datée et très moderne, pas si loin des expérimentations de quelqu'un comme Fursaxa, une ambiance froide et désolée mais sachant se faire câline et mutine.

Et puis on se familiarise avec l'album et la magie n'opère plus totalement. La surprise passée, on s'aperçoit que les mélodies sont bien légères, que la musique est bien répétitive, que la nouveauté du chant laisse vite la place à une frustration de ne pouvoir comprendre les paroles. Et une certaine lassitude de s'installer...

Un album sympathique qui s'écoute avec plaisir mais ne supporte pas des écoutes trop fréquentes. Dans le genre, on préférera ( par exemple ) celui de Silje Nes ( pour ne parler que d'un disque récent )...

Label : Locust
Année de sortie : 2008
Nombre de morceaux : 9
Durée : 40:32

Morceau préféré : 'Ruususuu'
Bilan : SYMPA

La vidéo de 'Painovoimaa, valoa'



13.11.2008

Une de plus...

Oui, une chanteuse de plus. Difficile de faire sa place au milieu des Alela Diane, Mariee Sioux, Marissa Nadler, My Brightest Diamond et tant d'autres ( comme ma petite préférée de l'année dernière Orion Rigel Dommisse ) qui envahissent la presse, les blogs, les ondes...
Alors qu'est-ce qui m'a fait acheter ce premier album de Sarah June dont je ne connaissais rien ?

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Une pochette assez originale. Un titre, This is my letter to the world' à la fois intriguant et trop plein de sens. Des comparaisons, flatteuses mais sans doute trop lourdes à porter. Un peu de tout ça sans doute, et le fait que je n'aime pas revenir de chez mon disquaire les mains trop vides ( moins de 4 CDs... ) Allais-je être subjugué ou déçu ?

Imaginez la musique de Mazzy Star, encore ralentie, sans les effets de guitare et avec une Hope Sandoval ayant enlevé toute sensualité de son chant pour souffler le froid. On pourrait penser que tout le sel du groupe a disparu.

Imaginez Joanna Newsom, Judee Sill, Marissa Nadler ou autres divas gothic/dark folk ayant oublié de broyer du noir et s'essayant à la séduction. On pourrait penser que c'est sacrilège et totalement sans intérêt.

Eh bien Sarah June, c'est un peu tout ça, et plein d'autres choses encore et c'est un très bel album. Ce sont des compositions à la fois simples, froides et tentatrices, ce sont des textes que l'on prend plaisir à écouter, c'est une voix susurrée de jeune femme mutine et secrète.

Alors, un excellent album ? Pas tout à fait. Les compositions manquent souvent un peu de maîtrise et de profondeur, se reposant trop sur la voix et se révélant un peu répétitives. Au point que deux des meilleurs morceaux de l'album soient des reprises, un 'I Can't Help Falling In Love' qui nous fait un peu oublier les massacres que furent les versions de UB40 ou de A*Teens et un 'When Doves Cry' qui se pose en candidat sérieux de Stina Nordenstam pour la meilleure reprise de Prince.

En tout cas un album qui donne vraiment envie de voir comment va évoluer la ( jeune ? ) femme dans les années à venir !

Label : Hand/Eye records
Année de sortie : 2008
Nombre de morceaux : 12
Durée : 34:50

Morceau préféré : 'We Lurk Late'
Bilan : BON

14.10.2008

Une goutte de Mazzy

Bien que n'ayant jamais touché le grand public, Mazzy Star reste un groupe important par l'influence qu'il a eu sur de nombreux artistes. Et depuis sa disparition, le groupe a connu bon nombre d'imitateurs de qualité très variable ( je pense par exemple à Torrez ).

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Difficile de qualifier Seki Ewers d'imitatrice, puisqu'elle fit partie d'Opal puis de Mazzy Star ( à l'époque de 'She Hangs Brightly' ), pourtant il va être bien difficile pour ce premier album solo ( après bien d'autres projets ) de ne pas citer un nom bien envahissant...

En effet, les deux premiers morceaux 'Time after time' et 'Know what you're saying' ne choqueraient pas dans la discographie de Mazzy Star. Certes l'orchestration sonne légèrement plus moderne mais tout, dans la mélodie, dans les effets de guitare, dans l'ambiance et dans le chant ramène à la référence. Sauf que le chant, certes agréable, est loin d'avoir la même puissance, la même sensualité. Et pourquoi se satisfaire d'une copie ?

Heureusement la suite suit des chemins plus divers : 'This must be heaven' tend plus franchement vers le shoegaze d'un Slowdive, 'One more time' et 'All day long' ont un franc côté bluesy/country à la Mojave 3. Malheureusement deux choses plombent un peu ce très honorable album : la grande fadeur du chant, incapable de provoquer l'émotion et la présence de quelques morceaux vraiment faibles comme la ballade sirupeuse 'Forever girl' ou le légèrement chaloupé 'Lazy' qui conclut l'album.

Un album qui fait un joli fond sonore, mais qui se révèle totalement dispensable.

Label : Mind Expansion
Année de sortie : 2008
Nombre de morceaux : 9
Durée : 38:26

Morceau préféré : 'This must be heaven'
Bilan : SYMPA

14.08.2008

Une femme et sa cuisine

Après deux ans d'absence, on peut se demander quelle est la place de Dawn McCarthy et son "groupe" Faun Fables au milieu d'une scène folk qui a explosé et où elle a été dépassée dans l'expérimentation folk par Fursaxa ou MV & EE et dans le folk gothique par Josephine Foster ou Sharron Kraus ( entre autres ).
C'est avec A table forgotten qu'elle nous revient, un EP de quatre titres sur la... cuisine, a priori le premier d'une série sur les lieux et actes quotidiens de la maison.

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Ce sont des percussions tribales sur 'With words & cake' qui saluent l'entrée ( et pas seulement la nôtre si on en croit les lignes "Welcome to a vast place / to a world you've arrived / I won't deceive you Birthday Child" ) dans la pièce. Et on se sent bien immédiatement accueilli, dans une ambiance festive et intemporelle, avec un chant légèrement syncopé et sauvage.

Mais 'Pictures' nous emmène immédiatement dans une ambiance plus feutrée, un peu champêtre ( effet violon + flûte ) mais légèrement mélancholique et beaucoup plus sérieuse. Et au fur et à mesure du morceau, le chant, plus classique, semble aller dans son ton vers le religieux, vers le mystique. Avec ses clapements de mains et ses paroles chantées comme un mantra, le début de 'a table forgotten' sonne quasi-militaire et la chanson semble progressivement sombrer dans le bizarre, le désenchantement et la noirceur, en particulier par son violon.

Le 'Winter sleep' qui conclut ce court EP commence donc dans une ambiance sombre et qui ne va pas tarder à s'alourdir encore davantage. Le chant de Dawn McCarthy reste à son meilleur quand il est menaçant, à la limite du désagréable. Ici le violon n'est plus un instrument festif mais pesant et c'est un peu exténué mais paradoxalement heureux que l'on finit l'écoute de ce disque.

Car la place de Faun Fables dans cette scène folk est simple : si certains chantent mieux, écrivent des mélodies plus pures ou expérimentent de façon plus brillante, qui d'autre a cette incroyable capacité à nous faire ressentir des ambiances et des émotions ? Et si les morceaux 2 et 3 de cet EP semblent de prime abord fades, il se révèlent progressivement et introduisent merveilleusement ce chef-d'oeuvre qu'est 'Winter sleep'.

Un EP à acheter pour tout fan de folk et à écouter impérativement dans son intégralité. Un EP qui vous coûtera scandaleusement trois fois moins cher en MP3s qu'en CD...

02.08.2008

Un bien beau rêve

Eh oui, encore une artiste de la scène folk de Philadelphie avec Gillian Chadwick qui forme la partie principale de Ex-Reverie. C'est encore une fois Language of Stone le label de Greg Weeks de Espers ( qui bien entendu produit et joue sur le disque ) et l'on note ( entre autres ) la participation des habituels Jessica Weeks ( qui devrait bientôt sortir un album avec Gillian Chadwick sous le nom de Woodwose ) et Margaret Wienk ( Fern Knight, chroniqué il y a peu ).

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Trop habitué par les disques de ce groupe d'artistes, on est d'abord très surpris à l'écoute des trois premiers titres de l'album 'Second son', 'The crowning' et 'Dawn comes for us all' où les guitares électriques prennent très nettement le dessus sur la guitare acoustique ou le violon. On comprend mieux alors la présence de Led Zep, Pink Floyd ou King Crimson à côté de Pentangle ou Fairport Convention dans les influences revendiquées. Car ces morceaux n'ont pas grand-chose de folk mais tiennent plutôt du prog-rock des 70s ou de l'indie rock des 80s ( on pense à certains passages calmes de Siouxsie ou des Throwing Muses par moment ). Et si le quatrième morceau 'The years' est nettement plus folk, le morceau suivant 'Days away' est lui aussi bien rock.

La deuxième partie de l'album est, elle, bien plus calme. Violon et guitare acoustique dominent, pour un dark folk sombre ( pléonasme ) et à l'orchestration brutale, qui n'est pas sans rappeler l'album Evangelista de Carla Bozulich ( en nettement moins noir et plus facile d'écoute quand même ). On pense aussi parfois aux premiers albums solos de Kristin Hersh, peut-être pour une façon de chanter assez similaire. L'album s'achève sur un magnifique 'Cedar, pt.2' qui donne envie d'appuyer immédiatement sur la touche Play pour ré-écouter l'album.

Si les deux faces de ce disque surprennent et intriguent au début, on se rend compte après de nombreuses écoutes que la séparation entre morceaux rock et folk est finalement assez ténue et qu'il y a une cohérence, une logique pour passer de l'énervement du début au calme apaisé de la fin. On découvre de nouvelles choses dans les arrangements et dans le chant. Et on apprécie l'album de plus en plus, en se demandant si on ne tient pas là une des pépites de l'année...

PS : Gillian Chadwick jouera en France au Belushi's le 12 septembre au côté de Sharron Kraus pour jouer des morceaux de leur album sous le nom de Rusalnaia ( et sans doute aussi des titres de leurs répertoires respectifs ).
Sur la même affiche, il y aura Elephant Micah et Lawn Factory.

01.08.2008

Une ancienne singe

L'ex Monkey Swallows The Universe Nat Johnson nous revient en solo. Finie la twee-pop, place à une musique plus dépouillée, plus mélancolique mettant bien en valeur son agréable timbre. A juger sur un album, on espère bientôt !

Une vidéo live :

27.06.2008

Un bien beau duo

Avec les autoroutes de l'information, on est maintenant prévenu de la sortie d'un disque des mois avant sa venue ou au pire, au moment de sa sortie. Fini le temps de la découverte chez son disquaire d'une pépite dont on ignorait l'existence... Sauf que de temps en temps, cela arrive encore. Pourquoi ai-je regardé machinalement derrière la plaque Jessica Bailiff ? Aucune idée, mais ma surprise fut grande d'y trouver un EP 4 titres enregisté avec Annelies Monseré.

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Un tel duo entre deux chanteuses de folk ( à défaut d'un meilleur terme pour les caractériser ) plutôt portées vers l'expérimentation et le minimalisme ( même si Jessica Bailiff est devenue plus "classique" après des débuts très ambient/drone ) était à la fois passionnant et risqué ( l'ennui se révèle possible... )

Il est vite évident que le pari est réussi, ces 18 minutes de musique s'écoutant avec grand plaisir. La surprise vient que ces chansons sont d'un grand classicisme : du dark folk lent et minimal qui évoque bizarrement un peu les débuts de Lush.

Un très bel EP, limité à 300 exemplaires, alors... Un titre peut être téléchargé ici !

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