26.02.2010

Zèderies sous influence

la horde.jpg

 

Un groupe hétéroclite tentant de sortir d'une tour infestée par une horde de zombies vs un ninja se rebellant contre son clan d'assassins...

Deux films reprenant tous les codes d'un genre, deux films qui, pour des raisons différentes ne fonctionnent pas comme ils devraient...

 

 

En voulant mélanger dans La Horde film de morts-vivants à la Romero et polar old-school avec dialogues à la Audiard, Yannick Dahan et Benjamin Rocher prenaient le risque d'essayer de concilier l'inconciliable. C'est malheureusement ce qui arrive, tant le côté fanboy donne un film d'horreur bien trop fidèle à ses modèles alors que les personnages voulus bigger-than-life sont tous, flics, voyous et habitants de l'immeuble, cretiner-than-life et deviennent tellement vite insupportables qu'on regrette qu'ils ne se fassent pas bouffer plus tôt. Seule la fin où, Ouessem (Jean-Pierre Martins) se sacrifie seul sur une voiture au milieu d'une marée de zombies pour permettre à Aurore (Claude Perron), Adewale (Eriq Ebouaney) et René (Yves Pignot) de s'échapper en massacrant du monstre dans les couloirs façon jeux vidéos, apporte quelque chose d'un peu nouveau et excitant...

 

On accordera à nos deux réalisateurs une vraie passion pour le genre, sans doute en partie responsable du côté trop respectueux, qui permet d'obtenir un film honnête et qui se regarde sans déplaisir et on leur recommandera de se lâcher davantage la prochaine fois tout en évitant de donner un sous-texte politique et social si c'est pour le faire d'une façon si maladroite (n'est pas Romero qui veut) que cela évoquerait presque Banlieue 13...

 

Aucune excuse en revanche pour un Ninja Assassin qui pue la tentative de faire du fric sur un cinéma que l'on ne comprend pas. Mais est-ce une surprise pour une production Joel Silver réalisée par le petit protégé des Wachowsky (d'ailleurs eux aussi producteurs), James McTeigue, qui avait déjà massacré V For Vendetta ? Après une intro assez jouissive où un clan de Yakuza se fait découper en petits morceaux, le film nous présente en parallèle la formation puis la rebellion de Raizo (Rain qui fait membre de Boys Band avec des maquillages ratés de cicatrices partout) et l'enquête de Mika (Naomie Harris) qui doit encore se demander ce qu'elle fout là. Une fois ce looooooong passage terminé (et on aura rarement vu des acteurs asiatiques surjouer de façon aussi caricaturale), place à de l'action synthétique et frénétique quasi non-stop, souvent peu lisible et toujours ridicule.

 

En voulant montrer tout, à coup d'armes, de cascades et de démembrements en images de synthèse, Ninja Assassin montre qu'il n'a rien compris aux films de sabre traditionnels auxquels il se réfère et présente un spectacle pour américains bouffeurs de pop-corn de très mauvais goût dont la connerie laisse pantois. Heureusement les bons bidasses américains finiront par massacrer tous ces méchants assassins ninjas et Raizo tuera son maître (mais sans emballer la fille hein, faudrait quand même pas pousser mémère dans les orties)... A éviter pour ne pas vomir.

24.02.2010

Destins de filles

Eh oui, pour vous éviter d'emmener vos enfants voir n'importe quoi au cinéma, jécoutedelamusiquedemerde est allé tester pour vous le nouveau Disney et le dernier Rintaro. Le vainqueur du duel n'est pas trop difficile à trouver...

 

princesse.jpgUne jeune femme travaillant sans relâche pour s'offrir enfin le restaurant de ses rêves (et des rêves de son père) embrasse un prince oisif transformé en grenouille par un sorcier vaudou et se retrouve elle aussi changée en batracien...

Une jeune fille se retrouve au pays des gobelins menacé par une puissance démoniaque...

Deux quêtes initiatiques bien différentes...

 

L'échec de ses derniers longs métrages d'animation traditionnelle a sans doute poussé les studios Disney à revenir aux classiques. La princesse et la grenouille présente donc : une princesse, un grand méchant tout vilain, des animaux rigolos qui parlent, de la magie... Et hop, le tour est joué. Même graphiquement et au niveau de l'animation, on a tenté de revenir aux canons d'il y a 50 ans et plus. Malheureusement le savoir-faire de la grande maison s'est perdu et cela se voit, tant on a l'impression d'assister à une pâle copie des films qui ont enchanté notre enfance. Seule la vision de la Nouvelle-Orléans et la musique (et encore, j'ai vu la version francaise, présence des enfants oblige) sauvent un peu le film. Et finalement, la seule chose des bons vieux Disney que l'on retrouve dans le film c'est... le côté ultra-réac. Et si cela passe dans des films tournés il y a plus de 60 ans, comment accepter que la morale d'un film (pour jeunes filles...) reste que le but de la vie d'une femme soit de fonder une famille au lieu de tout sacrifier pour son travail. Nauséabond! Le film n'a d'ailleurs que moyennement plu à ma fille et pas du tout à mon fils.

 

Ils ont par contre tous les deux adoré Yona, la légende de l'oiseau-sans-aile, très beau conte à la fois accessible aux plus petits malgré son utilisation des traditions japonaises et féerique même pour les plus grands. Ici l'héroïne va faire parler son humanité et prendre foi en elle-même dans un grand spectacle. Car Rintaro et son équipe (il reconnait ne s'occuper que de la mise en scène pure, laissant tout le côté design à ses collaborateurs) nous offre une environement 3D très différent au niveau des textures, des formes et des couleurs de tout ce qui se fait ailleurs, donnant au film un côté original et merveilleux vraiment agréable, tandis que l'animation, si elle n'est pas extraordinaire, permet des plans vraiment fabuleux. Et puis la musique, toujours aussi importante chez lui... Un vrai beau film pour enfants, qui, s'il est moins indispensable que son Metropolis, mérite vraiment d'être vu... s'il passe toujours dans les salles...

21.02.2010

Gare aux Garous...

Double programme lycanthropie ce weekend, une grosse prod de l'année et une serie B d'il y a dix ans devenue culte...

 

wolfman.jpgLawrence Talbot (Benicio Del Toro) est revenu sur le domaine familial géré par son père Sir John Talbot (Anthony Hopkins toujours aussi cabotin, mais dans ce film c'est assez logique...) après avoir reçu une lettre de la fiancée (Emily Blunt) de son frère lui annonçant la disparition de celui-ci. Après la découverte du corps affreusement mutilé, il décide de rester pour savoir ce qui s'est passé et part enquêter dans le camp de gitans...

 

Remake peu fidèle d'un classique des années 40, The Wolfman se révèle être totalement sans intérêt tant son désir d'être un film gothique le rend anachronique voire ridicule. Les thèmes sont éculés, l'histoire sans aucune forme de surprise et comme les maquillages de loup-garou (ainsi que les décors) ne sont pas particulièrement réussis... Ajoutez à cela un certain nombre de petites incohérences (sans doute en partie dues au remontage du film et de sa perte d'une demi-heure de métrage), une réalisation très plan-plan (mais qu'attendre de Joe Johnston ?) et une importance excessive accordée aux rapports père-fils et vous saurez qu'il vaut mieux aller voir ailleurs si vous cherchez un bon film d'horreur.

 

ginger snaps.jpgMarginales de leur lycée, les soeurs Fitzgerald sont inséparables. Quand l'aînée, Ginger (Katharine Isabelle), se fait attaquer par une créature au moment de ses premières règles et devient une vamp allumant le tombeur du lycée et réglant son compte à la super-pétasse, Brigitte (Emily Perkins) cherche une solution à cette tranformation aidée par le petit dealer Sam (Kris Lemche)...

 

La lycanthropie en métaphore de la puberté, ce Ginger Snaps n'est pas forcément ni très original ni de très bon goût, mais avec deux actrices plutôt convaincantes (on n'en dira pas autant de la mère incroyablement ridicule...) et une certaine inventivité à défaut de pognon (la transformation est très progressive, ce qui permet de ne voir la créature franchement cheap qu'en toute fin), le film passe plutôt bien, sorte de version crapoteuse de Buffy. Il est en tout cas bien meilleur que le récent Jennifer's Body qui utilisait les mêmes thèmes (les métamorphoses de la puberté et la fin d'une amitié).

 

29.12.2009

Double fausse fantasy

avakane.jpgJe ne vais pas résumer les deux films dont vous pouvez admirer les affiches ci-contre (d'autant que l'histoire tient en une ligne, hein...) mais plutôt voir les nombreux points communs qu'ils peuvent avoir et en quoi la différence principale entre les deux explique aussi pourquoi chacun est, à sa façon, un échec. En tout cas voilà bien un mois de décembre prodigieusement décevant pour les fans de fantasy...

 

Oui, j'ai bien dit de fantasy, car derrière leurs atours, l'un de film de S-F, l'autre de film historique, ces deux grosses productions sont définitivement des films de fantasy à peine déguisés. Dans les deux cas, nous avons affaire à une bonne vieille quête initiatique des familles qui permettra au personnage principal de découvrir qui il est vraiment, de sauver le monde et d'emballer la fille (notre puritain préféré ne le fait pas mais il pourrait facilement, hein, s'il n'était pas puritain...). Et ce dans un univers qui appartient définitivement à celui de la fantasy.

 

En effet, une fois débarrassé de son corps humain pour occuper celui de son Avatar, où se retrouve Jake Sully (Sam Worthington, vraiment fadouille) ? Chez un peuple mi-elfe, mi-schtroumpf qui combat à l'arc et au couteau, monte des "chevaux" et des "dragons" et adore la forêt... Remplaçons les humains et leur technologie futuriste par des nains utilisant des machines de guerre et on est en plein Warhammer... De la fantasy vous-dis-je ! Quant à Solomon Kane (monolithique à souhait, même si ce n'est peut-être pas fait exprès, James Purefoy est parfait dans le rôle), le Moyen-Âge  (enfin en 1600 ça devrait plutôt être la Renaissance) auquel il appartient est peuplé de sorcières, zombies ou démons en plein dans les clichés du sous-genre Sword & Sorcery, encore plus que les nouvelles, souvent nettement plus terre à terre, de Robert E. Howard dont on a repris fort librement le personnage.

 

Deux films de fantasy, donc. Dont un autre point de ressemblance est l'importance démesurée accordée à l'aspect visuel. Inutile de revenir sur la magnificence vaine du film de Cameron (que j'irai sans doute revoir en 3D après l'avoir vu en vision "normale", juste par curiosité), cela a été fait ailleurs. Par contre il est nécessaire d'insister sur le fait que celui de Michael J. Bassett nous propose, pour un coût ridicule (8% de celui de son concurrent), un univers médiévisant fort crédible, particulièrement sale et glauque, comme rarement vu jusque là. Et même si quelques décors font un peu carton-pâte (l'église en ruine du prêtre fou en particulier), on est vraiment bien immergé dans ce Moyen-Âge de pacotille. Autres points de ressemblance entre les deux films : les principaux personnages secondaires font preuve, soit d'une extrême transparence, soit d'un côté caricatural particulièrement prononcé ; quant aux rares acteurs connus, ils sont cantonnés dans des rôles pour le moins marginaux (Ribisi et Weaver d'un côté, Van Sydow et Flemyng de l'autre).

 

Le principal point de divergence tient dans la façon dont la quête du héros s'articule : là où Cameron nous révèle tout de son personnage en moins de dix minutes, nous laissant deux très longues heures et demi pour le voir évoluer en ce en quoi on savait qu'il allait évoluer depuis le début, Michael J. Bassett prend un malin plaisir à nous mettre son personnage principal un peu plus en loque après chaque péripétie, faisant de sa quête un long chemin de croix, finalement assez logique pour quelqu'un qui cherche la rédemption. Et ces deux choix plombent les deux films d'un point de vue scénaristique  : l'un a tout dit en 10 minutes et nous fait patienter fort maladroitement façon Ushuaïa jusqu'à la grosse baston finale tandis que l'autre rame à transformer son salaud en héros et expédie la fin de son intrigue (par ailleurs ultra-prévisible ici-aussi) et son bad guy en 5 minutes chrono, laissant le désagréable goût dans le bouche que le film se termine quand il aurait dû commencer...

 

En conclusion, s'il faut absolument voir un blockbuster d'action pour les fêtes, je conseillerais Avatar si vous voulez en avoir plein les yeux et Salomon Kane si vous voulez un peu de fun et de gore. Pour voir un bon film, restez à la maison avec un DVD. Par contre, si quelqu'un voulait faire une suite, maintenant que le personnage a été (longuement...) introduit, à Salomon Kane avec un vrai scénariste, je suis preneur...

24.11.2009

Zèderie par 2, zéderie des boeufs

Encore un double programme bis, un double programme où la tripaille n'empêche pas la poésie et la réflexion (non, j'déconne...)

 

jennifers.jpgAmies depuis le bac à sable, la godiche Needy (Amanda Seyfried, excellente) et la délurée (pour être gentil) Jennifer (Megan Fox, nulle) échappent de peu à l'incendie du seul pub / salle de concert de leur bled. Sous le choc, Jennifer part dans le van du groupe et réapparaît, couverte de sang, dans la nuit. Alors que des meurtres horribles se succèdent à Devil's Kettle, l'amitié se fissure et Needy s'interroge sur la nature des changements survenues chez sa copine, au grand dam de son boyfriend Chip (Johnny Simmons, fadissime)...

 

Un teen horror movie écrit par la scénariste de Juno et réalisé par celle qui a commis Aeon Flux, ça vous excite vous ? La réponse des fans du genre étant sans aucun doute un massif "NON !", on a fait une affiche plus susceptible de les attirer, affiche au demeurant mensongère vu qu'on verra finalement plus l'anatomie d'Amanda Seyfried (et encore, on ne voit rien) que celle du principal argument de vente du film, la pseudo-bombasse Megan Fox. Le principal reproche à faire au film reste sans doute son "auteur", tellement désireuse de faire passer sa métaphore sur l'adolescence par le moyen du fantastique que ça en est balourd voire risible au lieu d'être touchant et intelligent (cf la première fois de Needy). Mais il faut dire que depuis Buffy, on souffre facilement de la comparaison dans ce domaine...

 

Le principal point fort du film est sans aucun doute de rester dans le fantastique quand il aurait été si facile de tout faire passer pour la folie de son héroïne (ce que le fait qu'elle raconte l'histoire depuis sa cellule psychiatrique fait très longtemps craindre) et de faire preuve d'un bon esprit bis, déjanté et jouissif. Il reste malheureusement bien trop sage en matière d'horreur et de sexe, dans le but probable de rester un film respectable, ce qui empêche d'en faire plus qu'un petit film sympathique. On passe cependant un assez bon moment, d'autant qu'il y a quelques seconds rôles savoureux (J K Simmons en enseignant, Adam Brody en leader d'un groupe rock prêt à tout, sacrifice humain compris, pour faire carrière) et une bande son tout droit sortie des college radio, très dans l'esprit de ce blog (White Lies, Dashboard Confessional, Black Kids...)

 

 

saw 6.jpgAlors qu'il se croyait enfin libéré de Jigsaw et prêt à assurer seul sa "succession", l'inspecteur Hoffman (Costas Mandylor toujours aussi mauvais) découvre que ce bon vieux John (Tobin Bell dans de nouveaux flash-backs) a légué une boîte à sa femme Jill (Betsy Russell) avec les plans de nouveaux pièges tournant autour de l'assureur de santé William Easton (Peter Outerbridge). Entre ces nouveaux pièges et le FBI qui doute des preuves accablant l'agent Strahm, notre apprenti tueur va avoir bien du travail...

 

Je pourrais reprendre quasiment mots pour mots mon billet sur Saw V (merci encore à Dragibus d'avoir flingué dans les commentaires les possibilités de jeux de mots sur l'inévitable épisode 7...) à quelques détails prêts :

1. sans doute conscient d'être en train de perdre des fans, le gore cra-cra est de retour en particulier dans la première scène et les pièges ont retrouvé une certaine originalité,

2. tous les protagonistes des épisodes précédents étant maintenant décédés (à part la femme de Jigsaw), les scénaristes vont enfin avoir un peu de liberté pour imaginer le prochain dont on espère vraiment qu'il cessera les flash-backs et les histoires imbriquées pour nous proposer quelque chose de simple mais tordu comme dans le tout premier opus.

 

Sur cet espoir, je ne spoilerai pas, contrairement à l'an dernier (et je ne m'étais pas beaucoup trompé...), le scénario du prochain...

29.10.2009

Pourra-t-on aller plus bas ?

descent.jpgAlors que l'on recherche sans relâche depuis deux jours à travers les grottes les copines avec lesquelles elle était descendue, Sarah (Shauna Macdonald) réapparait à des kilomètres de l'entrée. Dans l'espoir de retrouver la fille d'un sénateur, le shérif, accompagné par son assistante et trois spéléologistes membres des équipes de recherche, force Sarah à redescendre dans les grottes en passant par une vieille mine. Il n'a aucune idée des créatures qui se trouvent là...

 

Suite inutile d'un des nombreux petits films horrifiques réussis dont nos amis britanniques nous ont abreuvé ces dernières années, The Descent 2 avait tout pour inquiéter : réapparition de personnages censés être mort (enfin dans la version européenne, la fin américaine étant différente ce qui prouve bien le peu de crédit artistique porté à ce genre d'oeuvre) et réutilisation outrancière de créatures que le premier film avait su laisser discrètes...

 

Pourtant cette suite avait évité les deux principaux défauts de son modèle : une introduction bien trop longue (mais du coup les personnages restent caricaturaux au possible) et une fin satisfaisante (la double fin de la version européenne de The Descent avait quelque chose de frustrant). Mais elle n'évite pas les défauts rédhibitoires des suites : vouloir donner plus de spectacle que l'original (et du coup montrer trop) et chercher à tout prix à coller les morceaux du précédent à sa propre histoire. Et comme le réalisateur Jon Harris trouve le moyen de nous présenter des scènes souterraines excessivement éclairées et des scènes d'action rendues illisibles par des cuts étranges, ce Descent 2 bien que regardable, se révèle nettement inférieur à son modèle. Juste une petite série Z d'horreur...

28.10.2009

Alien Police District

district 9.jpgPlacé par son beau-père à la tête de l'équipe chargée de faire signer aux extra-terrestres parqués dans un bidonville à côté de Johannesburg depuis que leur vaisseau spatial s'est retrouvé immobilisé au-dessus de la ville, leur acte d'expropriation pour une nouvelle zone d'habitation (enfin plutôt un nouveau camp de concentration...), Wikus Van De Merwe (Sharlto Copley) commence à muter avoir été aspergé d'un étrange liquide alien. Son ADN maintenant à 50% alien le rendant indispensable pour faire fonctionner les armes des ET, il doit s'échapper et se réfugier chez ces êtres qu'il méprisait auparavant pour éviter la dissection...

 

District 9 est exactement le genre de film que je serais allé voir le jour même de sa sortie il y a quelques années et que j'ai longtemps hésité à aller voir aujourd'hui à cause d'une critique bien trop enthousiaste et prompte à crier au génie pour un concept pourtant déjà vu. Non, Neill Blomkamp n'a rien inventé, l'idée d'aliens parqués dans une zone et victimes du racisme humain n'est pas nouveau, vu que c'est le postulat de base de Alien Nation, honnête film de SF des 80's et de ses suites, sous forme de série télé ou de direct-vidéo, beaucoup moins réussies.

 

Alors, qu'apporte Neill Blomkamp de si important ? D'abord une approche faux-documentaire, de plus en plus fréquente au cinéma ces temps-ci depuis le précurseur Projet Blair Witch. Ensuite une attaque frontale envers le racisme, extrêment violente, surtout venant du pays de l'Apartheid. Pourtant aucun de ces deux points n'est vraiment satisfaisant. Le mélange de faux documentaire plein d'interviews et de scènes de pur cinéma sert, sans aucun doute avec une certaine efficacité, à tenir un discours contre les manipulations médiatiques, mais semble à de nombreux moments n'être qu'un moyen de cacher les difficultés (ou le manque d'ambition cinématographique) de son réalisateur à nous montrer plusieurs points de vue dans un cadre classique. Des ellipses narratives auraient très bien pu tenir le même rôle par exemple... Quant au discours sur le racisme, il serait sans doute mieux passé si les seuls protagonistes noirs de l'histoire n'avaient été des dealers / proxénètes nigérians et si les interviewés noirs dans le reportage ne s'était pas tous montré très anti-aliens... Le seul protagoniste black positif de l'histoire étant finalement l'assistant du héros, accusé d'avoir révélé des secrets d'état pour avoir voulu faire connaître la vérité.

 

Non, en fait le vrai point fort du film est simplement d'être un grand film de Fantastique / SF, un film qui met le destin d'un simple individu au milieu d'évènements qui le dépassent, ce que tout grand film de genre sait faire. Les effets spéciaux et les scènes d'action sont bluffants pour un film au budget si réduit (enfin pour 2009...), les acteurs sont parfaits dans leur rôle (pour Sharlto Copley, celui d'un pauvre type affublé d'un seul coup de responsabilités trop grandes pour lui puis confronté à une situation qui le dépasse totalement, est le rôle d'une vie) et le film pose au bout du compte la seule vraie question : qu'est-ce qu'être humain ? Et c'est en perdant celle de son corps que Wikus Van De Merwe, pauvre beauf raciste et crétin, découvrira l'humanité de son âme...

 

Un bien beau film, dont on saura un jour si les maladresses dans la réalisation et dans la dénonciation balourde du racisme et des tares de notre société moderne étaient dues à la jeunesse de son réalisateur...

26.10.2009

Combat de navets

Un film pour enfants (bah oui, c'est les vacances, il faut les occuper) vs un film à voir tout seul (dommage, les packs de 6 ne sont pas encore autorisés dans les salles de ciné malheureusement...)

Un film avec des cochons d'Inde génétiquement modifiés vs un film avec la dinde préférée (chirurgicalement modifiée ?) des nanars d'action du moment.

Une production Jerry Bruckheimer / Disney Pictures vs une production Joel Silver / Dark Castle Entertainment (oui, dans les deux cas, ça fait peur).

Une réalisation Hoyt Yeatman (spécialiste des effets spéciaux pour des chefs d'oeuvres comme Kangaroo Jack) vs une réalisation Dominic Sena (dont on se demande encore pourquoi il n'a pas eu l'Oscar pour 60 secondes chrono ou Opération Espadon).

 

Que le combat des nanars commence...

 

mission-g.jpgDrivé par Ben (Zach Galifianakis) un gentil savant fou, une équipe de rongeurs génétiquement modifiés tente de devenir agents du FBI. Ayant échoué dans une mission pour découvrir le plan diabolique du milliardaire Leonard Saber (Bill Nighy), ils sont obligés de fuir et se retrouvent enfermés dans une animalerie dont il ne va pas être aisé de s'échapper sans gadgets. Avec le monde à sauver et l'agent Carter (Jack Conley) aux fesses, leur mission ne va pas être de tout repos...

 

 

 

whiteout.jpgVenue sur la base américaine du pôle sud pour tenter d'oublier son passé, US Marshall Carrie Stetko (Kate Beckinsale) se retrouve avec un cadavre sur les bras à quelques heures du grand départ avant l'arrivée de l'hiver. Aidée par le Doc John Fury (Tom Skerrit), le pilote Delfy (Colombus Short) et un agent de l'ONU Robert Pryce (Gabriel Macht), elle va découvrir qu'on se déchire pour la cargaison d'un avion russe crashé depuis plus de 50 ans...

 

 

 

Dit comme ça, il y a un script qui donne plus envie que l'autre et pourtant c'est, et de loin, celui du pire film des deux. Car s'il est inspiré d'un comics de Greg Rucka que j'aurais bien envie de lire maintenant, le script de Whiteout n'exploite en rien le potentiel des lieux uniques ou il se déroule, se montrant à peine digne d'un téléfilm du genre Hollywood Night. Quant à Dominic Sena, il est incapable de shooter une scène d'action ou de dialogue correcte, les deux seuls moments où il semble s'être concentré sur son travail étant pour le déshabillage de son héroïne avant d'aller à la douche et pour la façon dont les protagonistes s'accrochent aux cordes... Comme l'intégralité du casting semble s'être aligné dans sa façon de jouer sur les prouesses d'une Kate Beckinsale au moins aussi touchante que dans Underworld ou Van Helsing, on tient là un candidat sérieux au titre de pire bouse de l'année...

 

De son côté, Mission-G ne cherche pas à péter plus haut que son cul et arrive à son but : divertir. La réalisation est fonctionnelle et bénéficie d'effets spéciaux de qualité. L'histoire est sans doute un peu difficile pour des enfants assez jeunes avec ses concepts de FBI, d'agents secrets, de traître, de science complètement folle mais du coup elle ne sera pas trop pénible pour les grands. Il y a de l'action même si ça manque quand même fortement d'humour et des acteurs qui cabotinent sympathiquement (et finalement assez légèrement pour un Bill Nighy qui nous a habitué à pire...) De quoi passer un honorable moment en famille, d'autant que que les effets 3-D, s'ils ne sont pas toujours bien utilisés dans l'intrigue, laissent quand même imaginer tout ce qu'ils vont pouvoir envisager pour les films de genre dans les années à venir.

 

18.10.2009

Pandi Panda petit ourson de Chine...

panda.jpgCela faisait bien longtemps que je n'étais pas allé au cinéma, mais entre ma patte folle, le boulot et les gosses... C'est d'ailleurs pour les enfants que j'y retourne, voire Panda petit panda, compilation de deux moyen-métrages sortis il y a plus de 35 ans et imaginés par le duo maintenant ultra-hype composé de Isao Takahata (réalisateur) et Hayao Miyazaki (scénariste).

 

Dans la première histoire, Mimiko, petite orpheline élevée par sa grand-mère partie quelques jours à une célébration, tombe sur un petit panda et son père avec lesquels elle va créer une drôle de famille recomposée au grand étonnement d'une ville et d'un directeur de zoo... Dans la deuxième, notre petite famille accueille un petit tigre et va subir une inondation monstre...

 

Soyons clair, nous sommes ici très loin des chefs d'oeuvre encensés partout de notre duo magique. Graphiquement et au niveau de l'animation, on est au niveau des épisodes de Lupin, autrefois diffusés par nos bonnes chaînes francaises au milieu d'autres séries d'une qualité discutable. Quant à l'histoire, elle est mignonne et parsemée de gags qui feront rire petits (surtout) et grands (s'ils ont gardé une âme d'enfant). On est bien loin de Mes voisins les Yamada, Le tombeau des lucioles, Princess Mononoke ou Howl's Moving Castle qui ont rendu célèbres leurs auteurs, mais il y a là une poésie, une beauté, une légèreté dont nos amis américains grands fournisseurs de dessins animés au kilomètre feraient bien de s'inspirer (et pas en faisant un remake d'Astro Boy). "C'est trop bien" ont dit les enfants. Et ils n'ont pas tout à fait tort (à part dans l'utilisation du "trop")...

23.08.2009

Cinéxpress

Le manque de mise à jour de ce blog est dû (outre le fait de s'occuper de DLMDS) à mon retour parmi les mobiles (même si à l'heure actuelle, seules les grand-mères en déambulateur et les enfants de moins de 18 mois sont plus lents que moi...) qui m'a permis de retourner dans les salles obscures consommer des navets en grand nombre... Petit bilan :

 

ciné1.jpgActeur principal toujours aussi niais, actrice principale toujours purement décorative (et qui a même une concurrente dans ce nouvel épisode), acteurs connus se demandant encore pourquoi ils sont là, réalisateur toujours infichu de réaliser une scène d'action lisible... heureusement on n'est là que pour les gros robots de notre enfance, et les nouveaux de Transformers 2 sont, ma foi, assez réussis. Reste que Michale Bay encensant l'armée et détruisant tout ce qui a vocation culturelle (tiens une université ! BOUM ! Tiens une pyramide ! BRAKAM !), ça sent quand même mauvais...

 

BILAN : BOF (pour les robots...)

 

ciné2.jpgIl parait que la série télé est bien, ce dont je ne doute pas vu les qualités pointant sous un script visiblement retravaillé afin d'être compréhensible par le plus grand nombre ce qui le rend extrêmement prévisible. Malheureusement, Ben Affleck est une erreur de casting (qui a dit comme toujours ?), le film manque singulièrement de rythme et le réalisateur d'ambition, ce qui fait que ces Jeux de pouvoirs deviennent tout juste dignes d'un film du dimanche sur France Télévision (ça reste un peu trop compliqué et polémique pour le spectateur de TF1 moyen...)

 

BILAN : BOF

 

ciné3.jpgLe même acteur dénué totalement de charisme, le même scénario anémique, la même réalisation incompétente... la recette de ce Ong Bak 2 est connue. Malheureusement, le seul intérêt du premier, ses cascades et scènes de combat jamais vues auparavant, a disparu avec la fausse bonne idée de faire de cette suite un film en costume plein de combats avec tous les types possibles d'armes blanches déjà vues en mieux dans le cinéma de HK depuis 30 ans...

 

BILAN : MERDE

 

ciné4.jpgJ'attendais beaucoup du nouveau film de Nicolas Winding Refn dont la trilogie Pusher m'avait beaucoup plu lors de sa tardive sortie dans les salles francaises. J'avoue ne trop savoir quoi penser de ce Bronson, biographie a priori extrêmement modifiée du prisonnier le plus dangereux d'Angleterre. Autant on saura gré à Nicolas Winding Refn d'avoir choisi de n'héroïser en rien son personnage principal et d'avoir cherché à décrire sa chute dans la violence avec un onirisme correspondant à la folie du personnage, autant on peut regretter qu'il ait un peu trop cherché le côté arty au lieu de donner du sens.

 

BILAN : BON

 

ciné5.jpgLà où les films d'action de Michael Bay sentent toujours un peu mauvais (et sont mal filmés), ceux de Stephen Sommers (Un cri dans l'océan, La Momie, Van Helsing) forment toujours des divertissements cons mais bien emballés. Ce G.I Joe se laisse ainsi voir très honorablement malgré un casting un peu limite et des effets spéciaux pas toujours à la hauteur des désirs du patron (c'était déjà le cas avec Le Retour de la Momie ou Van Helsing). Si vous aimez réfléchir au cinéma, passez votre chemin, mais si vous aimez les explosions et le pop-corn...

 

BILAN : SYMPA

 

ciné6.jpgLe nouveau Pixar est un film couillu, car si ses scènes d'aventure, ses graphismes merveilleux et son humour satisferont les plus jeunes, ils sont bien légers pour les plus grands qui risquent, avant un certain âge, d'être peu sensibles au fond du film : derrière l'apparent message sur les rapports entre enfants et personnes âgés se dissimule une magnifique réflexion sur l'impression d'avoir raté sa vie et manqué à tous ses rêves de jeunesse, qui nous saisit tous un jour ou l'autre. Un film d'animation pour vieux ! Incroyable !

 

BILAN : EXCELLENT

 

ciné7.jpgVous avez envie de voir un type passer son temps à ouvrir une armoire ? Deux autres se bourrer la gueule pour la mort d'une araignée ? Des ados ne pensant qu'à se bécoter ou pleurant car leur amour en bécote un(e) autre ? Moi non plus, pourtant j'y ai eu droit en allant voir le navrant Harry Potter et le prince de sang-mélé (c'est plutôt le scénariste qui a finit pas s'emmêler...) sans doute le pire d'une série pourtant déjà riche en ratage cinématographique. Et Daniel Radcliffe semble jouer de plus en plus mal. Où s'arrêtera-t-il dans la nullité ?

 

BILAN : MERDE

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