05.11.2011
Quand Lama fâché...
Ecouter l'album de Male Bonding à de nombreuses reprises (le billet est là) m'a donné envie de ressortir un certain nombre de vieux disques, en commençant par la discographie des Llama Farmers qui comme tant d'autres commencèrent par des singles chez le panda féroce.

Sortis en 1998, Paper Eyes et Always Echoes montrent un groupe encore bien jeune et hésitant sur bien des points : si les deux morceaux titres méritent bien le qualificatif grungy (le chant de Bernie Simpson, l'utilisation des guitares) qui fut accolé au groupe à l'époque, ils montrent aussi une nette ascendance britannique avec un petit quelque chose d'à la fois pop et anguleux hérité des Undertones ou des Buzzcocks. Même 13 ans après, il est difficile de ne pas reconnaître le potentiel de ces deux singles, gentiment abrasifs et farouchement entraînants, malgré de nombreuses maladresses (rupture de rythme intempestive, trop grande rareté des backing vocals de la petite soeur Jenni Simpson...).
Les différents morceaux bonus (un seul sur les 7", deux sur les CDS) montrent de nombreuses facettes contredisant sérieusement l'étiquette grunge (beaucoup plus justifiée chez certains de leurs contemporains comme Twist et Cay) : 'P.V.C', où Jenni prend la direction du chant, évoque une version sombre de Kenickie, 'Empty Head' est une ballade oppressante, 'Jessica' se lance dans du pop-punk endiablé (je ne comprendrais jamais qu'il ne devint jamais un single) alors que 'Yellow' (qui lui fut le dernier single extrait de leur premier album)(on en reparle bientôt) (sur)joue à fond le côté Amérique profonde (sauf dans une conclusion vaguement new-waveuse), annonçant déjà le côté folkeux de Bernie (dont la carrière solo semble n'avoir jamais prise).
Bref, deux premiers singles solides à défaut d'être géniaux, expliquant assez bien l'enthousiasme de la presse locale et la signature chez Beggars Banquet. La suite ne confirmera jamais vraiment les promesses mais malgré un côté daté (qu'on retrouve sur de nombreux disques indé de cette époque avec un son assez caractéristique), ces débuts s'écoutent toujours avec plaisir.
"Vidéo" de 'Paper Eyes'
"Vidéo" de 'Always Echoes' (dans sa version Beggars)
17:46 Publié dans single/EP britannique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.10.2011
Canoe rose
Je ne me rappelle plus pourquoi j'ai acheté le premier single de Greenship, curiosité chez le disquaire (il y avait un Rough Trade à Paris à l'époque...), nom du label (Camp Fabulous état hôte des excellents Superstar) ou article dans la presse anglo-saxonne, mais ce qui est sûr c'est qu'à cette époque (en 1998 donc), cette dernière, après avoir encensé pendant quelques années tout combo britpop, s'était mise en tête de découvrir le "nouveau Radiohead", étiquette alors collée à tout groupe ne se contentant pas de décalquer la trilogie Beatles / Jam / Smiths et bénéficiant d'un chanteur à la voix vaguement haut perché. Et finalement le grand vainqueur fut Muse, allez comprendre...

Nos londoniens, eux, s'arrêtèrent là, ce qui veux dire qu'ils n'eurent jamais le temps de sortir un mauvais disque mais laissent un immense regret à ceux qui ont eu la chance d'avoir Perfect Smile et Place to Hide entre les oreilles et entendirent dire que le groupe avait bien d'autres merveilles sous le coude... Oui, seulement deux titres alors qu'à l'époque trois était la norme et quatre encore très fréquent, mais de six minutes chacun (les inconscients !) et avec plus d'idées que dans la plupart des albums sortis cette année-là. La comparaison avec Radiohead est très loin de sembler pertinente tant on pense plutôt à une sorte de mariage contre-nature entre Geneva et les JAMC : Perfect Smile commence en douce ballade sur lit de guitares, hésite plusieurs fois à décoler mais se refuse à offrir l'apocalypse pourtant suggéré pendant que Place to Hide offre un rock épique plus direct mais néanmoins bien sombre et déviant, qui aurait pu être une bombe pour radio placé en face A et edité de deux bonnes minutes. Reste que c'est parfait comme cela et que je ressors le single encore plusieurs fois par ans, 13 ans après.
Le chanteur Bnann est depuis partie faire de la mauvaise électro avec Infadels et un petit malin a mis le single sur Reverbnation, alors allez l'écouter avant qu'il ne disparaisse...
17:04 Publié dans single/EP britannique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
03.05.2011
Le retour de la menace fantôme
L'écoute de n'importe quelle compilation de groupes locaux suffit à prouver à quel point la scène indie rock britannique produit sans relâche de nouveaux combos intéressants. Et s'il y a 10 ou 20 ans, nombreux étaient ceux dont on se retrouvait finalement à ne posséder jamais plus d'un unique titre, le net permet maintenant d'avoir autrement plus de témoignages de leur activité.

Ainsi on avait découvert Phantom Theory sur la compilation gratuite Spires - A Collection of Music from Oxford Bands et ce fut avec beaucoup de bonheur que l'on apprit la sortie d'un nouvel EP Delayed and Decayed. Le duo fait preuve d'une énergie débordante pour nous proposer un raffut d'une réjouissante et exubérante candeur, avec cette capacité qu'ont les groupes britons de mélanger mélodies accrocheuses, voix qui éructent et riffs brutaux parfois bien hardcore. Pas d'une originalité folle, mais d'une efficacité indéniable, quelque part, si on devait parler de groupes actuels, entre les plus noisy Crooked Mountain, Crooked Sea ou Ice, Sea, Dead People et leurs plus doux voisins de Gunning For Tamar (on en reparle bientôt ici ou ailleurs) qui remixent d'ailleurs ici le titre 'Trancedog', ou, si on devait parler de groupes plus anciens, entre Idlewild et Hell Is For Heroes.
Du tout bon, et comme c'est gratuit, on se dépêche d'aller télécharger ça sur Bandcamp.
18:35 Publié dans single/EP britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.03.2011
Beau temps gris et pluvieux pour écouter du drone
Croyez moi ou non, mais le grand nettoyage arrive ainsi que le retour d'activité de jécoute. Et quoi de mieux pour commencer qu'un bon petit (45 minutes...) EP de drone gratuit (car on va essayer de consacrer une large place à ces "disques" distribués gracieusement par leurs auteurs).

Reconnaissons aux groupes / artistes de drone / ambient / électro / post-rock une capacité que n'ont plus en général les groupes de pop / rock : trouver des noms extraordinaires. Hein, sérieux, ça en jette non, Good Weather For An Airstrike ? En plus c'est d'actualité comme nom. Oh, certes, les médisants diront qu'il faut bien se différencier par son nom quand sa musique est similaire à tant d'autres. On ne pourra leur donner que partiellement tord.
Car si Jigsaws fait preuve d'indéniables qualités, l'originalité n'en fait certes pas partie. Une musique lente, minimaliste, répétitive, spatiale et contemplative. Vous savez tout ce qu'on peut dire de ce genre de choses, de planant à chiant en passant par relaxant ou évocateur. Vous savez aussi si vous y êtes sensible ou pas. GWFAA ne se hisse pas au niveau des meilleurs mais se situe dans le haut du panier de tout ce que l'on peut trouver sur le net, même si cet EP particulièrement aride n'est sans doute pas le meilleur endroit pour le découvrir (A Winter par exemple est plus varié et plus accessible (mais payant)(pas cher)).
18:35 Publié dans single/EP britannique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
02.03.2010
Babillages rigolos
Après un single de Noël (billet par ici), c'est un nouvel EP gratuit de cinq titres que nous proposent The Tumbledryer Babies. Justement intitulé Teen Age, il n'est définitivement pas à conseiller aux amateurs de musique sérieuse et à la production léchée.

Le temps d'une petite dizaine de minutes, on entre dans le royaume du lo-fi le plus total (on pourrait dire pas-de-fi-du-tout puisque no-fi a déjà été utilisé pour autre chose), du bricolage le plus minimaliste, où une voix simplement posée sur un instrument indistinct est enregistrée en une prise dans une chambre.
C'est du moins l'impression que laisse une écoute peu attentive. Mais si on se prend au jeu, on se plaît à découvrir une jolie voix fragile, des textes très supérieurs à la moyenne et des chansons simples et attachantes, parfois entraînantes et électro ('Predictable Teens (version two) ') et d'autres fois beaucoup plus méditatives et acoustiques ('Forget The Past #7 '). Pas un grand disque mais un bon moment, et gratuit en plus.
12:01 Publié dans single/EP britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.10.2009
Pas encore cryogénie
Alors qu'il est de plus en plus difficile de trouver des singles ou EPs en boutique (finie l'époque où le moindre groupe indé sortait quatre singles en 2 ou 3 exemplaires différents pour chaque album et où de nouveaux noms apparaissaient chaque semaine dans les bacs, seuls les groupes confirmés ou très soutenus par leur label ont maintenant ce privilège (bon, il y a encore quelques petits labels fans des éditions limités mais ils ne sont pas toujours évidents à se procurer). Pour les jeunes groupes restent deux solutions : sortir le single soi-même en se distribuant par correspondance, via quelques boutiques et par les sites de téléchargements légaux ou l'offrir gratuitement dans l'espoir de faire parler de soi.

C'est dans cette dernière catégorie que se trouve le Dragonkick EP de Boy Genius (difficile à porter le nom les gars...) Pour la nouveauté, on repassera, mais pour de la power pop contemporraine qui dépote bien, on a trouvé un jeune groupe plutôt prometteur. Guitares puissantes et speedées, batterie frénétique, mélodie facile mais accrocheuse et même des woo hoo quand il faut ('Shark'), pas de doute le cahier des charges, que des groupes comme Weezer, Fountains of Wayne ou les Foo Fighters ont instauré, est parfaitement rempli.
En flirtant du côté du post-punk, 'Dragonkick' ouvre l'EP de fort belle manière : on entre direct dans le vif du sujet, on enchaîne par un refrain bien nerveux et on recommence. Classique mais diablement efficace. Malheureusement, l'into pseudo-groovy raté de 'Man Made' refroidit un peu l'ambiance d'autant que si le refrain coule bien dans les oreilles, les couplets sont franchement sans intérêt. Et Kyle Webster se montre un chanteur encore bien incertain quand il faut placer sa voix doucement. Heureusement, il reprend une bonne dose de stimulants pour un 'Shark' qu'on imagine bien le public reprendre en choeur. Oublions le morceau acoustique qui conclut ce quatre titres et reconnaissons que Boy Genius est à son meilleur quand il est bien excité !
Alors on va télécharger gratuitement cet agréable bien qu'inégal EP par là !
22:51 Publié dans single/EP britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.08.2009
Juste un petit bonheur...
...que ne peuvent comprendre ceux qui ne partagent pas notre passion de la musique. Alors que ma moitié cherchait dans un but purement scientifique de nouvelles oeuvres à disséquer pour les Harlequinades chez un célèbre vendeur parisien d'occasions en tout genre, en fouinant par pur acquit de conscience dans leur maigre rayon CD, je tombe sur 'Nectarine', un des rares singles de Drugstore que je ne possédais pas ! Un single qu'on n'a pas d'un de ses dix groupes préférés, n'est-ce pas une découverte de choix pour un fan de musique ?

Il faut avouer que 'Nectarine' est sans doute un des morceaux que j'aime le moins de leur premier album et un choix assez étrange pour un single, surtout quand on voit que 'Accelerate' ou 'Baby Astrolab' (entre autres) ne furent pas choisis : un long couplet excessivement calme et un peu ennuyeux faute d'une mélodie notable alors que des guitares très Jesus & Mary Chainesque se déchaînent sur le refrain. Un bon morceau, surtout au niveau des paroles d'ailleurs, mais très mineur dans l'oeuvre du groupe.
Mais l'intérêt réside évidemment dans les deux B-sides. 'Anesthesia' joue beaucoup plus astucieusement sur les changements de rythme et se permet de flirter du côté de Pavement et Sonic Youth, influences peu sensibles chez les autres chansons du groupe. Et ce morceau met beaucoup plus en valeur la chaude voix d'Isabel Monteiro que le single... Typiquement le genre de titre de grande qualité pas retenu pour un premier album uniquement car on ne trouvait pas sa place sur le tracklisting (en général les faces B des albums suivants sont nettement moins réussies...) Quant à la reprise de 'She don't use jelly', si on la connaissait déjà en version électrique (en face B de 'Injection'), elle est encore meilleure dans une version acoustique et dépouillée, enregistrée pour une session radio.
Et à ce petit bonheur s'en ajoute un bien plus grand : Drugstore reprend de l'activité (le groupe n'avait jamais vraiment splitté) et fera début septembre un concert à Londres pour tester des nouveaux morceaux dont on peut déjà écouter des démos sur le blog d'Isabel.
20:21 Publié dans single/EP britannique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
18.03.2009
C'est très sorcier
J'avais beaucoup aimé le premier album de Witches aussi ce fut un bonheur de recevoir dans ma boîte aux lettres leur nouvel EP, né des premiers enregistrements dans l'optique de leur deuxième album et distribué pendant leurs concerts.
Si le premier morceau 'There's a Darkness' rappelle beaucoup la pop orchestrale et très travaillée qui m'avait charmé sur l'album, les quatre autres titres montrent un groupe désireux d'étendre son univers sonore, de varier les rythmes et les ambiances, de muscler son discours tout en gardant ses mélodies. Ainsi un synthé menaçant prend-il une part prépondérante sur 'Stammer' ou 'BOK', tandis que les guitares se montrent parfois plus violentes ( 'Stammer' encore ) et la trompette plus qu'un simple instrument annexe ( 'Leave' ou 'Church Beds' ).
Mais si le groupe montre sur ces cinq titres une ambition et une diversité ( tout en gardant un son vraiment à eux ) qui annoncent un excellent prochain album, la principale surprise vient du chant, maintenant capable d'abandonner sa retenue pour s'élever, s'accélérer et donc faire passer un registre d'émotions beaucoup plus important. Et même s'il a encore parfois du mal sur certaines notes, couplé à l'accélération des rythmes, cela donne un ensemble beaucoup plus rock. Une jolie promesse pour l'avenir en tout cas...
Alors on va découvrir ça ( pour ceux qui ne l'avaient pas fait à l'époque ) sur leur Myspace ou sur Last.FM où tous les titres du EP sont en écoute.
16:28 Publié dans single/EP britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : witches
28.02.2009
Nains ou géants ?
Fin des vacances et donc retour à une activité plus normale sur ce blog...
Alors que la vague post-punk semble s'être définitivement éloignée et que la mode s'est tournée vers le pseudo math-rock de Foals et de ses clones ( Math Class, Venice Ahoy, Minnaars... ) ou la new wave de White Lies, il est bon de tomber sur un groupe qui comme les Français Frustration ou les Américains Wilderness, a compris que le post-rock n'était pas censé être une musique de piste de danse !

Pour ce premier EP Ambulance, les Anglais The Gullivers nous proposent donc trois titres plutôt lents et introspectifs qui créent une ambiance sombre et crapoteuse : la basse résonne, les guitares sont stridentes et le chant sait se faire cri de douleur, rappelant à la fois Lydon et Davey Macmanus l'ex-chanteur des Crocketts. Il ne faudrait cependant pas croire que nous sommes juste là en face d'un revival sans intérêt car chacun des morceaux propose des pistes et des orientations différentes.
Sans conteste le meilleur des trois et une réussite dont bien des groupes plus expérimentés pourraient être jaloux, 'Ambulance' réussit à mêler sur une mélodie imparable une rythmique post-punk assez classique avec une guitare space rock digne du meilleur de Spiritualized. Cela donne un morceau à la fois planant et accrocheur, facile à retenir mais varié et complexe. Alternant passages très lents proches de la mélopée et d'autres plus rapides avec des guitares très curesque, le deuxième morceau 'Neptune' est très dark-wave et rajoute même quelques notes de synthé menaçantes. Mais il souffre de quelques maladresses dans les ( nombreux ) changements de rythme qui rendent l'ensemble pas totalement convaincant.
'Silhouette' commence en rappelant 'The Drowning Man' des Cure puis enchaîne sur une belle ballade qui semble sortie du deuxième album des Crocketts. Le tempo est lent mais cela n'empêche pas quelques belles envolées de guitares...
Un morceau plus apaisé pour conclure un EP extrêmement prometteur d'un groupe définitivement à suivre !
Disponible uniquement en téléchargement légal entre autres sur Itunes et Emusic.
18:02 Publié dans single/EP britannique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : the gullivers
04.01.2009
kado de janvier
Histoire de ne pas faire comme tout le monde, les excellents Last Harbour ( dont Dead fires & the lonely sparks a fini 5ème de mon top2008 et Hold Fast Pioneer 5ème de mon top2005 ( comme quoi j'ai de la suite dans les idées )) offrent Embers un EP 3 titres à télécharger sur leur site.

'Broken Nail' est ainsi présentée dans une version démo retravaillée depuis et qui, dénuée de batterie, laisse toute la place à un chant posé et à un ensemble de cordes délicat. Une version dépouillée et moins grandiloquente que celle qui ouvre ( superbement ) l'album.
Il est toujours surprenant d'apprendre que la genèse d'une chanson remonte à loin. C'est ici le cas de 'Out Back' ( enregistré en 2000 ou 2001 ! ) qui tient plus du jam country entre potes que de la version finale. Le chant y est certes maladroit mais y gagne un côté authentiquement sauvage...
Autre version sans batterie, 'The Revenger's Waltz' se montre sous un aspect plus léger et pastoral que celui qu'on lui connaît, sombre, pesant et menaçant. Une démo qui n'a pas toute la complexité de la version finale ( qui propose peut-être la plus belle instrumentation de l'album ) mais qui y gagne un côté printanier...
Au final un très bel EP, chaudement recommandé d'autant qu'il est gratuit...
13:39 Publié dans single/EP britannique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : last harbour, embers


